Le fonds souverain norvégien lance un plan ambitieux de diversification
Norges Bank pousse ses feux dans l’immobilier et les marchés émergents. Le nombre de mandats externes doit passer de 70 à 100 en 2016
Publié le
Alexandre Garabedian
Norges Bank Investment Management (NBIM) étoffe sa palette pour aller chercher du rendement. Le fonds souverain norvégien, qui gère la manne pétrolière du pays avec 5.110 milliards de couronnes d’encours (615 milliards d’euros) à fin mars, a dévoilé hier sa stratégie d’investissement à 2016. «Nous allons élargir l’exposition du fonds à différentes sources de rendement», résume le document.
Alors que NBIM vise un rendement réel de 4% sur le long terme, sa performance atteint 3,6% depuis le démarrage de ses activités en 1998.
Plusieurs terrains de chasse ont été identifiés: les actifs environnementaux, les marchés frontières – catégorie moins liquide que les marchés dits émergents –, notamment en Afrique et Moyen-Orient, et l’immobilier. Yngve Slyngstad, directeur général de NBIM, se refuse à préciser les investissements à venir sur ces marchés frontières, mais le fonds en vient «assez souvent» à détenir «autour de 1%» de la capitalisation locale lorsqu’il rentre dans un nouveau pays.
«Nous voulons bâtir un portefeuille immobilier mondial, mais concentré, ajoute le fonds. Notre stratégie est de cibler un nombre limité de grandes métropoles, où nous investissons dans des actifs cœur de logement et de bureaux». En Europe, un développement sélectif hors de Londres et Paris est au programme. Alors que NBIM s’était jusqu’à présent appuyé sur des sociétés communes dans l’immobilier, par exemple avec Axa Reim, il souhaite désormais passer à un contrôle à 100% de ses actifs. «De grandes participations dans des sociétés immobilières cotées et des opérations de retrait de cote (public-to-private) seront étudiées», précise le fonds.
Plus largement, NBIM estime qu’à horizon 2016, il détiendra au moins 100 tickets supérieurs à 5% dans des sociétés cotées, tous secteurs confondus. Le fonds compte muscler ses capacités d’analyse, en doublant (à 1.000) le nombre de sociétés qu’il suit. Le nombre d’employés doit passer de 370 à 600, dont 200 dans l’immobilier, avec des recrutements centrés sur l’international. Enfin, le développement des émergents dans son portefeuille devrait augmenter la part de la gestion déléguée.
L’objectif est de confier 5% des encours du fonds à des gérants externes en 2016, contre 3,8% fin 2013, ce qui ferait passer le nombre de mandats de 70 à 100.
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