Le fonds souverain du Qatar s'étoffe pour diversifier ses avoirs
QIA (Qatar Investment Authority), le fonds souverain du Qatar, est en train de débaucher des banquiers chevronnés pour réduire sa dépendance vis-à-vis de l’Europe et diversifier ses avoirs, rapporte Reuters de sources informées. Sous la houlette de son nouveau directeur général Ahmed Al-Sayed, le fonds de plus de 100 milliards de dollars d’actifs cherche des opportunités en Asie et aux Etats-Unis.
Les nominations en cours reflètent la volonté de rééquilibrer un portefeuille actuellement exposé à hauteur de près de 80% à l’Europe, précisent les sources. Qatar Holding, la filiale d’investissement du fonds souverain, a ainsi engagé Ugo Arzani, une figure de Bank of America Merrill Lynch à Londres, pour diriger ses investissements dans les secteurs des produits de consommation et de la distribution. Jason Chew, précédemment responsable des opérations chinoises chez Pramerica Real Estate Investors, a quant à lui été recruté pour sa connaissance du marché de l’immobilier en Asie.
La nomination de ces deux professionnels, qui prendront leurs nouvelles fonctions en septembre, fait suite à celle en août de Michael Cho, un vétéran de Merrill Lynch à Hong Kong qui est un spécialiste des fusions et acquisitions. En juillet, Stefan Frank, un ancien de Deutsche Bank à Francfort, avait été nommé responsable de la stratégie de QIA.
Le fonds du Qatar, dont l’essentiel des ressources provient de la manne gazière de l'émirat, a investi ces dernières années dans de grands groupes européens allant de Porsche à Barclays en passant par Credit Suisse. Il détient aussi des participations minoritaires dans la compagnie pétrolière Royal Dutch Shell et le géant des matières premières Glencore. En France, QIA est le premier actionnaire de Lagardère avec près de 13% du capital selon les données de Thomson Reuters et il a des parts dans des groupes du CAC 40 comme Total (environ 3%), Vinci (5,2%) ou Veolia Environnement (4,7%).
Ses nouvelles recrues lui apporteront également l’expérience nécessaire pour procéder à des opérations plus complexes impliquant par exemple l'émission d’obligations. «Les investissements qui généraient des retours à deux chiffres se font plus rares. Le fonds cherche à réaliser davantage de montages complexes ou hybrides et pour cela il devrait encore faire venir de l’expertise», anticipe une source bancaire citée par l’agence.
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