Le fonds souverain chinois s’inquiète d’une montée du protectionnisme
China Investment Corp (CIC), qui gère 482 milliards de dollars d’investissements, se concentrera davantage sur l’Asie pour contrer ce qu’il perçoit comme une montée du protectionnisme en Occident et bénéficier de la forte croissance de la région, a déclaré son PDG, Lou Jiwei, dans un entretien accordé à Reuters.
«On assiste à une montée du protectionnisme dans certains pays occidentaux tant dans le commerce que dans les investissements», a-t-il dit en marge du congrès du Parti communiste chinois. «Par comparaison avec d’autres investisseurs financiers, nous avons le sentiment que les contrôles exercés sur nous sont un peu plus stricts», a ajouté le président du fonds souverain.
Pékin observe une inquiétude croissante parmi les instances de régulation étrangères dès lors que CIC s’allie à des sociétés chinoises pour faire des acquisitions. Aux Etats-Unis, le président Barack Obama a par exemple bloqué récemment un projet chinois de construction d'éoliennes dans l’Oregon en invoquant des raisons de sécurité nationale. De son côté, le Canada a différé à deux reprises déjà une décision sur le projet de reprise de la compagnie Nexen par Cnooc, le principal producteur chinois d’hydrocarbures offshore, à hauteur de 15 milliards de dollars.
Lou Jiwei prévient que le Fonds chinois ne modifiera pas sa stratégie de partenariats avec des entreprises chinoises aux seules fins de dissiper les craintes des régulateurs étrangers. «Nous éviterons les investissements dans des pays où nous ne sommes pas les bienvenus. Il y a d’autres endroits pour investir», a-t-il dit.
L’Asie, qui connaît des taux de croissance parmi les plus élevés au monde, est une option privilégiée par le fonds souverain chinois. Mais la faiblesse des marchés des capitaux dans cette partie du monde complique les investissements, et empêche CIC d’investir autant qu’il le souhaiterait. L’Europe et les Etats-Unis demeurent donc des marchés de choix pour le fonds chinois, à commencer par la Grande-Bretagne.
«Nous aimons le Royaume-Uni. Il est très ouvert sur son secteur des infrastructures», souligne Lou Jiwei. En zone euro, s’il juge l’industrie manufacturière européenne encore compétitive, il exclut en revanche d’investir dans les banques ou dans les dettes souveraines des pays les plus en difficulté.
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