Le fonds de restructuration bancaire espagnol arrivera bientôt au bout de ses capacités
Après la nationalisation de Bankia et le probable durcissement des provisions dans le secteur bancaire espagnol attendu ajourd’hui, le Frob, le fonds créé en 2009 pour venir en aide aux banques, risque de ne pas avoir, dans sa forme actuelle, de moyens suffisants.
Cette structure est capitalisée par l’Etat, se finance sur les marchés puis prête ou investit dans les banques, pour une durée limitée et à des conditions de marché, par exemple à un rendement de 7,75% pour des actions de préférence convertibles. Ses engagements ne sont pas comptabilisés dans le déficit budgétaire au sens d’Eurostat mais au niveau de la dette publique, encore inférieure en Espagne à la moyenne européenne. Grâce à un effet de levier de 3, sa capacité s'élève à 45 milliards d’euros dont 27 milliards étaient encore disponibles à fin mars.
A première vue, les besoins du secteur bancaire espagnol sont gérables pour l’Etat. «Les provisions exigées jusqu’ici par la Banque d’Espagne sont basées sur des hypothèses qui semblent très conservatrices», indique Thibault Mercier, économiste chez BNP Paribas. Elles intègrent par exemple une baisse de 56% des prix sur les maisons terminées, alors que, depuis le pic, l’indice des prix de l’immobilier n’a baissé que de 20%. «Si les 50 milliards d’euros de provisionnement devaient être apportés par le Frob et jamais remboursés, le contribuable supporterait une perte de l'équivalent de 5% du PIB. La solvabilité de l’Etat ne serait donc pas compromise. Mais la situation économique de l’Espagne doit aussi être prise en compte», poursuit-il.
«Pour les caisses d'épargne en perte, qui doivent en outre se conformer aux exigences de fonds propres de l’Autorité bancaire européenne (EBA) en juin, il sera difficile d’augmenter les provisions» qui pourraient être exigées aujourd’hui, prévient Delphine Cavalier, économiste bancaire chez BNP Paribas. Compte tenu de la récession et de la montée du chômage, «on peut aussi envisager une hausse des défauts sur les crédits aux particuliers. Tout cela n’envoie pas de signaux très positifs. Dans ce contexte, l’Espagne risque de devoir se résoudre à recourir aux fonds européens», conclut-elle.
L’effet de levier du Frob peut passer de 3 à 6 sur décision du ministère des Finances. Sa capacité monterait alors à 90 milliards d’euros. Un montant suffisant pour couvrir les risques immobiliers dans les banques mais pas des risques plus étendus.
Plus d'articles du même thème
-
L’Af2i a remis ses prix académiques pour des recherches publiées en 2025
La commission Recherche de l’Association française des investisseurs institutionnels a distingué trois chercheurs pour des travaux qui portent cette année sur des sujets de durabilité. -
Mubadala rassure les gestionnaires d’actifs américains
Mubadala, le fonds souverain d’Abou Dabi, a réaffirmé son engagement à investir aux États-Unis à l’occasion d’une conférence mondiale organisée par le Milken Institute. -
LD Pensions recherche un gérant actions européennes
Le danois LD Pensions a lancé un appel d’offres pour la gestion de ses investissements en actions européennes. -
La France creuse le sillon de la souveraineté dans les terres rares
Bâtir une société électrifiée nécessite un approvisionnement massif et sécurisé en terres rares et minéraux critiques. Le gouvernement a décidé de soutenir financièrement la production de ces matières premières, notamment en France, et d’assurer les débouchés de la filière auprès des secteurs qui les consomment. -
Les dettes subordonnées bancaires affichent une résistance plus structurelle aux crises
La conjonction des facteurs fondamentaux, liés à la solidité des banques, et des facteurs techniques, liés notamment à la bonne collecte globale du crédit, donne l’impression, à l’occasion de ce choc pétrolier, que les dettes subordonnées comme les AT1 ont globalement réduit leur biais «risqué» par rapport aux autres classes d’actifs. -
Emmanuel Moulin est proposé comme nouveau gouverneur de la Banque de France
L'Elysée a proposé le nom d'Emmanuel Moulin pour prendre la suite de François Villeroy de Galhau au poste de gouverneur de la Banque de France. L'Assemblée et le Sénat devront maintenant se prononcer sur ce projet de nomination.
ETF à la Une
La collecte a repris sur le marché européen des ETF en avril
- Ofi Invest AM choisit un ex-Axa IM comme directeur des gestions
- Amundi excède nettement les attentes au premier trimestre 2026
- La gestion alternative liquide se trouve de nouveaux vecteurs de croissance
- BNP Paribas collecte 15,7 milliards d'euros dans sa gestion d'actifs au premier trimestre 2026
- Les gestionnaires d'actifs trouvent dans la clientèle retail un relais de croissance majeur
Contenu de nos partenaires
-
Le poids des motsEn s'attaquant à l'« assistanat », Marine Le Pen lisse ses divergences avec Jordan Bardella
En élargissant sa critique de « l’assistanat », marqueur longtemps verrouillé de son discours, Marine Le Pen amorce une redéfinition de son image politique à l’approche de 2027. Un ajustement qui réduit aussi le contraste grandissant avec Jordan Bardella -
Tête baissée« Projet Liberté » de Donald Trump : les risques du passage en force du détroit d'Ormuz
Les escortes américaines de navires commerciaux dans le passage stratégique pourraient bien les exposer encore plus aux tirs des Iraniens -
RadioscopieAudiovisuel public : mauvais rapport, bonnes questions
Aussi contestée soit-elle, la croisade menée par le rapporteur UDR de la commission d’enquête, Charles Alloncle, aura eu un mérite : mettre fin à l’immunité dont jouissaient France Télévisions et Radio France