Le FMI veut limiter le pouvoir de nuisance des fonds vautours vis-à-vis des Etats
A la lumière des mésaventures de l’Argentine, poussée au défaut en juillet dernier à la suite d’un conflit avec certains créanciers, le Fonds monétaire international (FMI) entend éviter que des investisseurs opportunistes ne bloquent à nouveau la restructuration de la dette d’un Etat.
Le conseil d’administration de l’institution a ainsi approuvé les propositions de réforme de la documentation juridique des emprunts obligataires d’Etat faites par ses équipes. Il recommande l’assouplissement de la clause pari passu, «afin d’indiquer explicitement que l’émetteur n’est pas tenu de traiter les créanciers à égalité ni à les rembourser dans les mêmes proportions». Après une plainte déposée par les hedge funds NML Capital et Aurelius Capital Management, la justice américaine avait interdit à l’Argentine d’effectuer les versements aux créanciers ayant accepté la restructuration (quand bien même ceux-ci représentaient 92% des emprunteurs), ce qui avait provoqué le défaut du pays.
Le FMI préconise également de renforcer la clause d’action collective (CAC), pour empêcher qu’une minorité d’emprunteurs qui refusent les termes d’une restructuration (hold-out) ne bloquent le processus. Cette proposition permettrait d’imposer un plan à l’ensemble des créanciers à partir du moment où 75% d’entre eux l’approuveraient, en agrégeant les porteurs des différentes lignes de dette – avec des aménagements possibles dans certains cas. «Si les créanciers hold-out avaient de grandes chances de recouvrir l’intégralité de leur créance, les créanciers qui auraient d’ordinaire accepté la restructuration seraient plus réticents à le faire – même si un accord rapide est dans l’intérêt de tous», indique Sean Hagan, responsable du département juridique du FMI. «Les CAC existantes sont très limitées. Elles requièrent généralement un vote ligne à ligne. Il est donc très facile à des créanciers récalcitrants d’acquérir une part importante des obligations d’une émission, bloquant ainsi l’exercice d’une CAC», poursuit-il.
Le FMI a mené un travail de consultation de dix-huit mois auprès d’émetteurs et d’animateurs de marché (notamment de l’ICMA, l’association internationale des marchés de capitaux). La consultation a déjà semble-t-il porté certains fruits, puisque l’ICMA a récemment modifié son modèle de contrat pour qu’il prenne en compte les conclusions des discussions menées avec le FMI.
Plus d'articles du même thème
-
Le rial iranien en perdition
Retrouvez comme chaque semaine, le coup d'oeil de DeftHedge sur le marché des changes. -
La Société Générale tient bon grâce à la banque de détail
La progression des revenus et des résultats des activités de détail en France et à l'étranger, en agence et à distance, compense largement le vif recul de certains pans de la banque de financement et d'investissement. -
Engie poursuit son recentrage en préparant son désengagement du nucléaire belge
Cohérente avec la stratégie de l’énergéticien, cette décision reflète aussi la volonté du gouvernement de Bart De Wever d’avoir les mains libres pour mettre en œuvre sa politique énergétique. La lettre d’intention signée entre les deux parties marque le début d’un long processus de négociation. -
Le retrait du PIF force le LIV Golf à penser au coup d’après
Le fonds souverain saoudien a pris la décision de ne plus financer le LIV Golf, une compétition de golf qui depuis sa création en 2021 a ébranlé le monde des circuits de golf professionnels. -
Les fonds de pension britanniques devront jouer le jeu de la préférence nationale
La chancelière de l'Échiquier du Royaume-Uni a remporté une bataille pour contraindre les fonds de pension à investir leurs actifs dans le pays. -
Nomura AM International crée le poste de directeur des investissements
Il revient à Andrew Goldberg qui a passé plus de vingt ans chez JP Morgan, où il a créé le Guide des marchés et dirigé des initiatives sur les actifs alternatifs.
ETF à la Une
AllianzGI va bientôt lancer ses premiers ETF actifs en Europe
Contenu de nos partenaires
-
Survivalisme« Sans primaire, ce sera l’apocalypse chez nous » : chez les Ecologistes, Marine Tondelier acculée par ses opposants internes
Le « there is no alternative » à la primaire de Marine Tondelier ne suffit pas à ramener l’ordre dans la maison écologiste. A mesure que l’illusion d’une candidature commune se dissipe, la numéro 1 des Verts se voit contrainte de sortir de l’ambiguïté : peut-elle faire cavalier seul en 2027 ? Si oui, en a-t-elle les moyens ? Sinon, derrière qui se ranger pour négocier un accord législatif sans se renier ? -
CastagneAu Sénat, le report d'une note sur un pesticide vire au pugilat
Le report d'une note scientifique sur l'acétamipride a frôlé la confrontation entre le sénateur PS Michaël Weber et le président LR de l'Office parlementaire scientifique -
Seine colèreEnseignement libre : la gauche tentée de rallumer la guerre scolaire en commençant par Paris
Les Parisiens n’ont pas fini de voir des parents protester contre des fermetures de classes. La capitale sera la ville de France où le choc démographique sera le plus brutal. Il y a désormais plus de décès que de naissances dans l’Hexagone. Les projections nationales évaluent la baisse prévisible du nombre des élèves à 1,7 million à l’horizon 2035.