Le FMI surveille la hausse des taux de la Fed comme le lait sur le feu

Une remontée mal maîtrisée constitue un «risque évident» à la stabilité financière, exacerbé par l'évaporation de la liquidité des marchés.
Alexandre Garabedian
Le FMI a listé les «excès du marché de crédit» américain. Photo DR.
Le FMI a listé les «excès du marché de crédit» américain. Photo DR.  - 

La stratégie de resserrement monétaire de la Réserve fédérale figure au premier rang des préoccupations du FMI. Le Fonds monétaire international, dans son rapport de stabilité financière publié hier, signale «le risque évident de relèvement des taux d’intérêt aux États-Unis». Mal maîtrisé, ce processus entraînerait des chocs que la liquidité déclinante des marchés obligataires exacerbe. Le FMI s’attarde d’ailleurs sur le «flash rally» des Treasuries américains le 15 octobre 2014.

L’institution de Washington distingue deux hypothèses: «une sortie graduelle bien annoncée ou, en dépit de signaux clairs, un parcours accidenté avec une décompression plus rapide des primes de liquidité risquant de conduire à une augmentation accélérée des rendements et à une volatilité nettement plus forte».

Le second scénario n’est pas à exclure. Bien que la Réserve fédérale n’écarte pas une hausse des taux dès le mois de juin, les marchés de taux américains se sont appuyés sur les mauvais chiffres macroéconomiques du premier trimestre aux Etats-Unis pour décaler leurs anticipations de resserrement à fin 2015 au mieux. «Même si elle n’a pas de raison spéciale de le faire cette année, en raison du ralentissement économique et de la faible inflation, la Fed cherche une excuse pour remonter ses taux», estime Jean-Louis Mourier, économiste chez Aurel BGC. Cela lui permettrait de les baisser à nouveau si l’économie américaine arrivait à la fin du cycle de croissance actuel.

Relativement sourd au discours de la Fed, le marché est d’autant plus vulnérable que la quête de rendement provoquée par le quantitative easing accroît les comportements à risque. Le FMI dresse ainsi la liste des «excès du marché de crédit» américain. Les prêts «cov-lite», moins protecteurs pour les créanciers, représentent désormais deux tiers de la production de financement à levier.

Le Fonds relève aussi que les intervenants sur le marché actions utilisent de plus en plus de levier: en proportion de la capitalisation boursière totale, celui-ci dépasse les niveaux de la fin des années 90.

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