Le FMI salue l’engagement européen en faveur du système bancaire espagnol
Le Fonds monétaire international (FMI) s’est félicité du signal envoyé samedi par l’Eurogroupe. L’envergure du soutien européen, jusqu'à 100 milliards d’euros, «donne l’assurance que les besoins de financement du système bancaire espagnol seront pleinement satisfaits», a commenté Christine Lagarde, directrice générale du FMI. L’institution de Washington va même jusqu'à considérer que cet engagement est «cohérent» avec les besoins en capitaux identifiés par ses services.
Dans son programme d’évaluation du secteur financier espagnol («Financial Sector Assessment Program», FSAP), diffusé vendredi, le Fonds estimait pourtant à environ 40 milliards d’euros les besoins en fonds propres nécessaires pour atteindre un ratio core tier one de 7% dans le cadre d’un scénario adverse (contraction de l'économie de 4,1% cette année et de 1,6% en 2013). Mais le FMI précisait dans le même temps que ces besoins seraient bien supérieurs, puisqu’ils incluraient aussi des coûts de restructuration et de reclassification des prêts.
«A l’avenir, il sera essentiel de communiquer clairement la stratégie permettant d’installer un pare-feu crédible pour les établissements sous-capitalisés, un pare-feu dont l’expérience nous a appris qu’il est mieux de le surestimer que de le sous-estimer», déclarait avant l’annonce de l’Eurogroupe Ceyla Pazarbasioglu, le responsable du FSAP espagnol.
Le rapport du FMI souligne que «le coeur du système bancaire devrait se montrer résilient face à de futurs chocs, mais que des vulnérabilités demeurent (...)» et appelle à la mise en place d’un plan de soutien public disposant d’une certaine marge de manoeuvre. Ses voeux ont semble-t-il été exaucés. Le FMI, dont les tests couvrent 96% de l’industrie bancaire domestique, a classé les banques en quatre catégories. Les établissements les plus vulnérables sont les anciennes caisses d'épargne qui ont bénéficié d’un soutien public.
Pour le FMI, la remise en ordre du secteur bancaire européen passe également par un renforcement de l’union monétaire et un partage des risques. «Le coeur de la réparation des banques européennes réside dans l’Europe», a déclaré Christine Lagarde à New York. «Cela signifie plus d’Europe, pas moins».
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