Le FMI pousse les régulateurs à traiter le problème de liquidité des marchés
Le «flash rally» du 15 octobre sur la dette américaine et le choc sur le franc suisse du 15 janvier reflètent l’impact du retrait des teneurs de marché.
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Alexandre Garabedian
Quand la liquidité de marché disparaît… Le FMI a consacré sous ce vocable une section de son rapport sur la stabilité financière, publié la semaine dernière, dans lequel l’institution s’inquiétait des effets d’un cycle de hausse des taux de la Réserve fédérale américaine. Deux épisodes récents d’extrême volatilité ont marqué les esprits: le «flash rally» du 15 octobre 2014 sur le marché des Treasuries, où le rendement américain à 10 ans a perdu 37 pb en quelques minutes avant de rebondir, et l’abandon, le 15 janvier, du plancher liant le franc suisse à l’euro.
Le FMI dresse la liste des facteurs d’assèchement de la liquidité, qui amplifient de tels chocs. Le retrait des teneurs de marché traditionnels, sous l’effet des nouvelles règles bancaires, est une explication bien connue. De même que l’essor du trading automatique, qui pèse 60% à 70% du marché des futures. «Dans un environnement de trading plus anonyme et orienté vers les profits à court terme, moins de participants rendent leurs liquidités disponibles dans des conditions risquées pour aider le marché à se stabiliser», note le Fonds.
L’institution relève aussi que les coupe-circuits sur le marché des futures lors du «flash rally» n’ont pas fonctionné. En janvier, c’est l’encadrement insuffisant des courtiers sur forex pour les particuliers, comme FXCM, qui a sauté aux yeux. Enfin, selon le FMI, la croissance de la gestion indicielle, des ETF et des produits dérivés conduit à une moindre liquidité des titres ne figurant pas dans les indices. Tous ces facteurs tendent aussi à accroître la corrélation entre les prix des actifs, et donc le risque de contagion en cas de choc.
Le FMI, qui avait déjà exprimé ses craintes dans son rapport d’octobre, plaide donc pour un encadrement accru des gérants d’actifs. Il invite à une réforme des futures sur Treasuries, avec la désignation de teneurs de marché et un recalibrage des coupe-circuits. Le fonds suggère aussi aux régulateurs de pousser, par la contrainte ou la récompense, les spécialistes en valeur du Trésor à maintenir une présence sur le marché, «dans des conditions normales de trading». Un souhait contradictoire avec les contraintes de la loi Dodd-Frank, notamment.
Enfin, le Fonds estime nécessaire que les autorités relèvent leurs exigences vis-à-vis des plates-formes de courtage pour les particuliers.
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