Le FMI met en garde la Chine contre les risques de la surchauffe immobilière

Le Fonds souligne qu’un ajustement est indispensable alors même qu’une correction violente du marché se ressentirait très fortement sur l'économie
Solenn Poullennec

Le Fonds monétaire international (FMI) appelle la Chine à soutenir moins les investissements et le crédit –quitte à revoir à la baisse ses objectifs de croissance– afin de renforcer la solidité de son modèle économique. Le Fonds met notamment en garde, dans un rapport publié mercredi, contre le développement de risques dans les secteurs des banques, de la finance parallèle et surtout de l’immobilier.

La Chine devrait connaître une croissance de son économie de 7,5% en 2014, contre 7,7% l’année dernière, selon le FMI. Celui-ci estime cependant que le pays gagnerait à avoir une croissance plus faible mais plus solide. Il recommande de cibler une augmentation du PIB située entre 6,5% et 7% en 2015.

L’institution s’inquiète notamment des «signes de déséquilibre grandissant» dans le secteur immobilier. Si l’on tient compte des activités qui y sont liées en amont et en aval, le secteur contribue pour pas moins de 33% à la croissance. Cependant, l’offre d’immobilier résidentiel dépasse la demande dans beaucoup de régions et l’excès d’offre est déjà manifeste les grandes et petites villes pour l’immobilier commercial.

Cette surchauffe est perçue comme d’autant plus inquiétante que les «banques et les acteurs de la finance parallèle sont directement exposés à l’immobilier via les crédits aux promoteurs comme via les prêts immobiliers aux particuliers, ainsi qu’indirectement en raison de l’utilisation d’immobilier comme collatéral pour d’autres prêts.» Les gouvernements locaux sont aussi exposés à l’immobilier si bien qu’«un choc sur l’une de parties de la toile se répercuterait sur l’ensemble».

Dans ce contexte, le FMI recommande de «prévenir une correction violente» mais souligne «qu’un ajustement est nécessaire en ligne avec la recommandation de réduire la croissance du crédit». Le FMI note que les crédits à l’économie pris au sens large (notamment compte tenu des crédits accordés par les banques et par le système parallèle) équivalaient à 207% du PIB au début de l’année contre 130% en 2008.

Même si la probabilité que le pays connaisse un atterrissage brutal de l'économie est «faible à court terme», le FMI appelle les autorités à mieux allouer les crédits. Elles sont notamment priées de lever les garanties implicites qui sont offertes aux emprunteurs, aux intermédiaires et aux épargnants, et donc de permettre les défauts d’entreprises, y compris de celles qui sont détenues par l’Etat.

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