Le FMI légitime une intervention sur le yen

Considérant la devise comme «modérément surévaluée», le Fonds monétaire plaide aussi pour une hausse du programme de rachats d’actifs de la BoJ
Patrick Aussannaire

Le FMI donne du grain à moudre aux colombes de la Banque du Japon (BoJ). Dans un rapport publié hier, l’institution a indiqué que le yen avait atteint un niveau considéré comme «modérément surévalué sur une tendance de moyen terme».

Et David Lipton, son directeur général adjoint, d’ajouter qu’une intervention sur le marché des changes pourrait être de nature à lutter contre la volatilité du yen, apportant ainsi un soutien inattendu aux alertes régulières émises par les autorités nipponnes concernant de possibles interventions pour enrayer la hausse du yen. La devise japonaise a d’ailleurs réagi en chutant à 79,54 contre dollar. Elle reste en hausse de plus de 55% depuis mi-2007.

Même si le commerce extérieur souffre de la force du yen, le Japon s’est révélé comme un surprenant leader du rythme de croissance des pays du G8 au premier trimestre avec une performance annuelle de 4,7%, grâce notamment à la solidité de la consommation intérieure ainsi qu’aux efforts de reconstruction liés au séisme. Le FMI prévoit une croissance de 2% cette année, avant de ralentir à 1,75% en 2013.

Dans ce contexte, le FMI prône une «augmentation sensible» de la taille du programme de rachat d’actifs mis en place par la BoJ afin d’accroître les chances d’atteindre l’objectif d’inflation de 1% d’ici fin 2014. Un pari loin d’être gagné si l’on en croit la chute des prix de gros de 0,5% en rythme annuel au mois de mai. Un niveau qui fait suite à un recul de 0,3% en avril, consécutif à deux ans de progression dus à la hausse du prix de l’énergie.

La BoJ a d’ailleurs donné des gages en nommant au sein de son conseil des gouverneurs Takahide Kiuchi et Takehiro Sato, chefs économistes de Nomura Securities et Morgan Stanley MUFG Securities, considérés comme des partisans de mesures supplémentaires de soutien à l’activité.

Mais le FMI conditionne tout assouplissement à la concrétisation des efforts en matière budgétaire. «L’adoption de la loi sur le doublement de la TVA à 10% d’ici à 2015 est crucial pour démontrer son engagement dans les réformes fiscales et restaurer la confiance des investisseurs», a ainsi averti le fonds. Et de renchérir qu’un triplement de la taxe serait même souhaitable. Le gouvernement et les partis d’opposition ont engagé des discussions sur la TVA et la réforme du système de santé avec pour objectif de parvenir à un accord d’ici vendredi.

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