Le FMI et l’Europe ont bâti des pare-feu fragiles face à la crise en zone euro

La force de frappe combinée du Fonds et des outils européens permettrait à peine de financer l’Espagne et l’Italie jusqu'à fin 2014
Alexandre Garabedian

Tout comme le renforcement des pare-feu européens fin mars, la hausse des ressources du FMI n’a pas suffi à rassurer les marchés. Sur le papier, les 430 milliards de dollars (325 milliards d’euros) d’argent frais promis au Fonds monétaire international sont pourtant impressionnants. Ils se comparent à des ressources de 840 milliards en février et à une capacité de prêt de 397 milliards de dollars (300 milliards d’euros).

«Mais 200 milliards de dollars viennent de l’Europe elle-même, rappelaient hier les stratégistes de Citigroup. Et les Bric ont repoussé leur décision à juin». Par ailleurs, pour des raisons politiques, le FMI ne peut pas mettre toutes ses ressources au service de la zone euro.

Il faudrait aussi que le Fonds renonce à la règle limitant ses prêts à 1.000% du quota d’un pays. Sinon, l’Italie et l’Espagne n’auraient qu’une capacité d’emprunt respective de 62 milliards et 122 milliards de dollars. Le verrou a déjà sauté pour les autres pays de la zone euro sous programme d’aide.

La puissance de feu du FMI se combine avec celle du Mécanisme européen de stabilité (MES) et de la Facilité européenne de stabilité financière (FESF). Ces deux outils ont été dotés fin mars d’une force de frappe de 800 milliards d’euros. Mais ce montant incluait 300 milliards de concours déjà engagés. La nouvelle capacité de prêt combinée des deux mécanismes ne dépassera donc pas 500 milliards d’euros. Elle sera même inférieure en 2012 car le capital du MES est versé en plusieurs tranches sur deux ans.

Au total, selon Deutsche Bank, les pays en difficulté de la zone euro pourraient recevoir au maximum un soutien de 825 milliards: 500 milliards des deux fonds européens, et 325 milliards du FMI (soit environ 50% de sa capacité de prêt augmentée). A peine de quoi financer une extension des prêts à la Grèce, au Portugal et à l’Irlande, et surtout une aide à l’Espagne et à l’Italie jusqu’à fin 2014. «Les contributions des pays du G20 non membres de la zone euro devraient pour cela osciller entre 200 et 390 milliards d’euros», indique Deutsche Bank, la borne haute correspondant à une dégradation budgétaire marquée à Madrid et Rome. A 175 milliards d’euros, selon les annonces de samedi, cette contribution «pourrait ne pas être assez grande pour bâtir un pare-feu crédible», conclut la banque. D’où l’absence d’accalmie sur les marchés obligataires.

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