Le FMI enjoint au Portugal de surveiller la réduction du bilan de son secteur bancaire

Alors que de nouvelles mesures de rigueur sont attendues, le Fonds recommande au gouvernement de soutenir ses banques, avec l’aide de la BCE
Solenn Poullennec

Le Portugal doit poursuivre ses réformes structurelles et surveiller de très près ses banques. Telle est la demande du Fonds monétaire international (FMI) qui vient de rendre public sa revue du pays, la seconde depuis qu’il a décidé avec l’Union européenne d’un plan de sauvetage de 78 milliards d’euros pour trois ans, en mai dernier.

Lundi, le FMI a approuvé le versement immédiat de 2,8 milliards d’euros. Il estime que le montant du programme n’a pas besoin d’être revu à la hausse dans l’immédiat, car le gouvernement peut encore se refinancer à court terme sur les marchés.

En 2011, le recul du PIB devrait être moins fort que prévu à 1,6%. Pour autant, le gouvernement, qui s’est montré réticent à couper radicalement dans ses dépenses, n’atteindra ses objectifs de déficit à 5,9% du PIB qu’au prix d’un tour de passe-passe comptable avec le transfert des fonds de retraite des banques vers la sécurité sociale.

Aux yeux du FMI, cette décision est malheureuse car elle contribue, entre autres, à augmenter les besoins en capital des banques. Or, l’Autorité bancaire européenne leur a demandé de lever près de 7 milliards d’euros d’ici à juin 2012. Pour y parvenir, elles risquent de recourir au «fonds de soutien à la solvabilité des banques», qui doit être doté de 6 milliards d’euros d’ici au début de 2012.

Pour le FMI, le soutien de la BCE au secteur est indispensable, car «compte-tenu de l’ajustement fiscal important, l’économie ne peut pas se permettre de subir un deleveraging du secteur privé excessif». Les banques, qui ont déjà émis 5 milliards d’euros de dette garantie par l’Etat, pourraient recourir davantage à ce système.

L’année prochaine, le PIB devrait reculer de 3% (contre -1,8% prévu). Le budget de 2012 devrait tout de même permettre au pays d’atteindre son objectif de déficit de 4,5%. Les deux tiers des mesures portent sur les dépenses de l’Etat, notamment au travers de la réduction du nombre de fonctionnaires et la diminution de leur salaire.

Le FMI encourage le gouvernement à aller encore plus loin, en revoyant, entre autres, l’organisation des collectivités, dont certaines comme celle de Madère rencontrent de sérieuses difficultés financières. Le Fonds recommande enfin d’accélérer la réforme du marché du travail et de libéraliser davantage certains secteurs, à commencer par celui de l’électricité.

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