Le FMI dresse une critique au vitriol de la gestion du dossier grec
Le FMI fait son autocritique. Le Fonds, qui est l’un des trois membres de la Troïka, a reconnu dans un rapport publié cette nuit que le premier plan de sauvetage de la Grèce en 2010 de 110 milliards d’euros (dont 30 milliards octroyés par le FMI) s’est soldé par des «échecs notables». «Les hypothèses macroéconomiques étaient trop optimistes dans l’ensemble du programme, notamment concernant la croissance économique et les recettes fiscales», a ainsi indiqué Paulo Nogueira Batista, un des directeurs du FMI. Le Fonds prévoyait initialement en effet un retour à la croissance pour le pays dès 2012, alors qu’en réalité « la récession a été profonde avec un taux de chômage exceptionnellement élevé» et «le programme n’a pas permis de restaurer la croissance et le retour sur les marchés comme il s’y était engagé». L’OCDE prévoit une contraction du PIB grec de 4,8% cette année.
Le FMI estime que des efforts trop importants ont été demandés parce que le plan d’aide a été lancé trop tard. «Une restructuration anticipée de la dette aurait été meilleure pour la Grèce, même si elle n’était pas acceptable pour les partenaires européens. Une restructuration retardée a fourni une fenêtre pour les créanciers privés de réduire leur exposition et de faire passer la dette dans les mains publiques», indique le rapport. Et de préciser que, dans ce contexte, l’institution s’est montrée trop optimiste sur la capacité du gouvernement grec à mettre en œuvre les réformes dans un contexte social tendu. «La réalisation du programme n’a pas été bien loin et peu de progrès ont été accomplis avec des mesures politiques difficiles telles que les privatisations, la réduction du poids du secteur public, et la réforme du marché du travail».
Le FMI s’en prend également à ses partenaires de la Troïka, et notamment aux gouvernements européens. Paulo Nogueira Batista indique même que «la plupart du temps, le comité exécutif semblait être informé des décisions déjà annoncées par Bruxelles. Pour ne pas arranger les choses, dans le cas de la Grèce, la politique de prêt du FMI a été changée d’une manière casuistique pour s’accommoder aux intérêts européens».
Et pourtant, le FMI a indiqué ce matin, dans sa troisième évaluation du plan d’aide international accordé à la Grèce, que le pays aurait certainement besoin de voir ses partenaires européens lui accorder des réaménagements de dette plus vite que prévu si les investisseurs ne se montrent pas convaincus par les mesures d’austérité mises en place dans le pays. Hier, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, n’excluait pas un retour de la Grèce sur les marchés dès l’année prochaine.
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