Le FMI critique l’interdiction européenne des CDS souverains à nu
Le FMI alerte l’Europe sur les dangers de l’interdiction des CDS souverains à nu, accusés d’avoir exacerbé la crise de la dette en zone euro.
«La récente interdiction européenne des CDS souverains à nu semble aller dans la mauvaise direction. Si les effets de l’interdiction sont difficilement isolables de ceux des autres mesures annoncées, l’abolition pourrait déjà avoir causé du tort à la liquidité des marchés», estime ainsi le FMI dans le chapitre 2 de son rapport de stabilité financière, dont le texte complet sera publié demain.
Il n’existerait en outre, selon le FMI, aucune preuve évidente d’un lien avec la hausse du coût de financement. Même si le poids des CDS a fortement augmenté depuis 2008 dans les économies avancées du fait des craintes sur la qualité de crédit de certains pays, les CDS souverains ne représentent qu’une faible part de la dette en circulation, estime le Fonds.
La valeur nette du notionnel des CDS souverains se montait à 3.000 milliards de dollars à la fin du mois de juin 2012, alors que le montant total d’obligations souveraines en circulation culminait quant à lui à 50.000 milliards fin 2011.
Pire: l’interdiction pourrait même entraîner des effets pervers qui vont à l’encontre même du but recherché par les régulateurs européens. «Finalement, cela pourrait réduire l’intérêt des investisseurs pour le marché des obligations sous-jacentes de nombre de pays, et l’on y verrait ainsi le coût de la dette augmenter» estime le FMI. Cette réglementation pourrait également avoir des « conséquences inattendues» en poussant les investisseurs vers d’autres marchés et en générant des «mécanismes de spéculation» alternatifs, moins transparents.
Dans ce contexte, l’institution prône des solutions alternatives à l’interdiction pure. Parmi elles: le renforcement des exigences en termes de publication de données, l’application des réformes de régulation prônées par le G20 qui visent à améliorer la solidité et le fonctionnement des marchés dérivés de gré à gré, mais aussi l’exigence pour les contreparties de publier la marge initiale pour les deux parties prenantes de la transaction. Le Fonds se montre enfin favorable à l’imposition de mesures de restrictions temporaires plutôt que permanentes.
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