Le financement de l’immobilier fera face à un mur de dette d’ici à 2013
Selon DTZ, 482 milliards d’euros de prêts adossés à l’immobilier commercial devront être renégociés en Europe d’ici deux ans
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Laure Closier
Dans son 80e rapport, la Banque des règlements internationaux (BRI) s’inquiète des niveaux d’endettement pharaoniques des investisseurs dans l’immobilier non résidentiel. En effet, un grand nombre de prêts souscrits entre 2005 et 2007 arrivent à échéance dans les trois prochaines années. C’est ce que l’on appelle «un mur de dette», une notion qui inquiète la BRI, car maints investisseurs qui ont contracté ces prêts au plus fort de la courbe des prix, ne seraient pas en mesure de les honorer.
Le cabinet CB Richard Ellis estime que 207 des 970 milliards d’euros d’encours de prêts immobiliers européens, à fin 2009, sont adossés à des immeubles de mauvaise qualité, financés avec un fort endettement et rencontrent déjà des difficultés de remboursement. Selon DTZ, 482 milliards d’euros devront être renégocisé en Europe d’ici deux ans, obligeant les banques à trouver de nouveaux capitaux à hauteur de 115 à 156 milliards d’euros entre 2010 et 2011. Les établissements de crédit, qui font face à de nouvelles règles prudentielles et de fortes exigences en fonds propres devraient donc revoir leur politique d’octroi de prêts et probablement s’orienter vers le financement d’actifs «core».
Par ailleurs, selon la BRI la crise immobilière est loin d’être terminée. «En Irlande et au Royaume-Uni, notamment, les prix de l’immobilier commercial ont chuté de 39% et 46%, respectivement, par rapport à leurs pics, et les pertes enregistrées au bilan des banques européennes devraient s’alourdir dans les années qui viennent, constate-t-elle dans son rapport. Les quelques informations disponibleslaissent penser que certaines banques ont choisi de renouveler les prêtsexistants plutôt que de provoquer des saisies immobilières, retardant par làmême la reconnaissance des pertes.»
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