Le FESF sert de pivot pour l’aide à la Grèce

Alors que l’Eurogroupe doit approuver demain le plan, les documents publiés dimanche par Athènes précisent le rôle du Fonds européen de stabilité
Alexandre Garabedian
Affrontements à Athènes le 12 février 2012. Photo: Simon Dawson/Bloomberg
Affrontements à Athènes le 12 février 2012. Photo: Simon Dawson/Bloomberg  - 

Voté dans la douleur dimanche soir, le plan d’austérité grec a donné lieu à la publication de plus de 700 pages de documents. Le Fonds européen de stabilité financière (FESF) jouera un rôle pivot dans le plan d’aide de 130 milliards que les ministres des Finances de l’Union européenne doivent approuver demain à Bruxelles. Tous les détails de la restructuration de la dette grecque aux mains des créanciers privés (PSI, private sector involvement) suivront.

Le plan comprend une facilité de 30 milliards d’euros pour la gestion du PSI, sous forme de titres émis par le Fonds européen de stabilité financière (FESF). Pour 100 euros de dette grecque concernée par l’échange, un créancier privé touchera 35 euros de nouveaux emprunts d’Etat portant 3,5% de coupon selon les dernières rumeurs, et 15 euros de titres FESF. Ces derniers auront une maturité maximale de 24 mois, ce qui les assimile dans l’esprit des promoteurs du plan à du cash. Pour Ioannis Sokos, stratégiste taux chez BNP Paribas, «cela veut dire que le FESF aura un risque de refinancement» car il devra «rouler» ces titres jusqu’à la fin du plan et à son remboursement par Athènes: la maturité la plus longue des nouvelles dettes grecques émises, dans la limite de 30 ans.

Une deuxième facilité, de 5,7 milliards, versée à la Grèce sous forme de titres FESF d’une maturité maximale de 6 mois, est aussi prévue: elle servira à payer les coupons courus sur les titres échangés dans le cadre du PSI.

Le troisième étage du plan d’aide consiste en 35 milliards d’euros de titres FESF à 12 mois. Cette somme servira à garantir temporairement les obligations grecques utilisées comme collatéral pour le refinancement auprès des banques centrales, sans quoi ces emprunts seront inéligibles au guichet. Les agences de notation prévoient en effet de dégrader la Grèce en «défaut sélectif» lorsque le PSI sera activé. Enfin, une aide de 23 milliards sera débloquée pour recapitaliser les banques grecques.

Le compte à rebours est désormais lancé d’ici au 20 mars, date d’une tombée obligataire de 14 milliards d’euros pour Athènes. «Le PSI devra être lancé le 20 février (le 27 dernière limite) afin de laisser deux semaines aux investisseurs pour répondre volontairement à l’offre, une semaine pour introduire et déclencher des clauses d’action collective si la participation est insuffisante, et une semaine de marge d’erreur», estime BNP Paribas.

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