Le FESF ne serait pas assez solide pour acheter de la dette souveraine
L’idée de recourir aux fonds de secours européens pour intervenir sur le marché obligataire secondaire laisse les économistes sceptiques. A court terme, cela pourrait permettre de réduire les coûts de financement des Etats alors que les taux à 10 ans espagnols et italiens restent hauts (6,47% et 5,66% hier) et que la BCE a arrêté son programme d’achats de dette (le SMP) début 2012. A moyen terme, la force de frappe des fonds semble toutefois très limitée.
Dans le Financial Times, Benoît Coeuré, membre du directoire de la BCE, a déploré que les Etats n’aient toujours pas eu recours au Fonds européen de stabilité financière (FESF) pour acheter leur dette. François Hollande et Mario Monti y sont favorables. Mais la chancelière Angela Merkel a balayé leurs espoirs en affirmant que ce n’était pas à l’ordre du jour bien que légalement possible. Depuis un accord de juillet 2011, le fonds peut en effet intervenir à la demande d’un pays, que celui-ci soit ou non sous programme. Les rachats doivent se faire avec l’aval de la BCE et sous conditions.
Cependant, la capacité de prêt du FESF n’est plus que de 248 milliards d’euros aujourd’hui. Il ne pourrait acheter de la dette que «quelques semaines au mieux», selon Bruno Cavalier, économiste chez Oddo. Selon lui, Benoît Coeuré cherche d’abord à convaincre que «le seul moyen de rendre vraiment efficace une intervention du FESF sur le marché obligataire est de lui permettre de refinancer ses achats auprès de la banque centrale».
Le Mécanisme européen de stabilité (MES) pourra aussi intervenir sur le marché secondaire. Il devrait être opérationnel début juillet et pourra prêter 500 milliards d’euros quand il sera pleinement capitalisé à partir de 2014. Mais «ce n’est pas assez pour convaincre que le MES a une force de frappe importante et la capacité d’agir sur le marché secondaire», estiment les analystes de BNP Paribas CIB. D’autant que le fonds pourrait avancer 100 milliards d’euros à l’Espagne.
Ce type d’utilisation des fonds pourrait aussi poser des problèmes de «hasard moral», selon les analystes de BNP. «Rendre la situation sur les marchés obligataires plus supportable permettrait aux hommes politiques de relever un peu le pied de l’accélérateur». Enfin, l’utilisation du MES, créancier privilégié, augmenterait encore les montants de dette détenus par des créanciers publics seniors au détriment des investisseurs privés.
Plus d'articles du même thème
-
Nicolas Namias est renouvelé à la tête de BPCE
Le conseil de surveillance a renouvelé le mandat du président du directoire de BPCE pour quatre ans à l'unanimité. -
Kerialis a confié la gestion de son portefeuille de retraite à Sienna et Axa
Le fonds de retraite professionnelle supplémentaire des salariés des cabinets d'avocats met fin à une délégation de gestion de vingt ans confiée à Axa et a sélectionné deux mandataires pour gérer en direct un portefeuille de 1,37 milliard d'euros. -
L'AFG promeut dans un livre blanc la retraite supplémentaire par capitalisation
A l'occasion du Paris Finance Forum organisé ce 9 juin par Paris Europlace, Philippe Setbon, le président de l'association professionnelle, a annoncé la sortie d'un livre blanc promouvant ce régime pour relancer le débat à un an de l'élection présidentielle. -
Rubis contient les nouvelles ambitions d’un actionnaire activiste
Le premier investisseur du spécialiste de la distribution de produits pétroliers n’est pas parvenu à ses fins lors de l’assemblée générale du groupe. -
La Banque du Canada laisse son taux inchangé à 2,25%
Alors que le PIB s’est contracté au premier trimestre, le comité de politique monétaire canadien considère que l’inflation à 2,8% n’est que temporaire, ce qui ne nécessite pas d’intervenir sur les taux. -
Alstom verdit son financement avec une nouvelle obligation hybride
L’émission de 700 millions d’euros conforte, pour l’heure, la notation prisée de l’émetteur en catégorie investisseurs.
ETF à la Une
BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- Derrière l’affaire Uzès Gestion, la délicate question de la direction de fait
- La stratégie d'investissement de détail européenne provoque une poussée de fièvre côté français
- BlackRock lance à son tour un ETF arrimé à l’économie spatiale
- L'allègement du reporting ESG divise à Bruxelles
- Jean-Baptiste Delabare (Montpensier Arbevel) : «La fusion nous a apporté une diversification que nous n'avions pas»
Contenu de nos partenaires
-
Souffler sur les braisesViolences à Belfast : pourquoi les émeutes éclatent si vite au Royaume-Uni
De violentes manifestations anti-immigrés ont éclaté mardi soir dans la capitale de l'Irlande du Nord, après une attaque au couteau attribuée à un ressortissant soudanais -
Voix basseAffaire Lyhanna : pourquoi le RN choisit la retenue
D'ordinaire prompt à s'emparer des faits divers pour imposer ses thèmes de prédilection, le RN réagit avec davantage de retenue à l'affaire Lyhanna. Et mise moins sur la surenchère que sur la dénonciation d'une faillite globale de l'Etat -
« Une célébrité surcotée » : Anthropic publie une version sécurisée de Mythos, son IA surpuissante
Anthropic dévoile une version bridée de son IA ultra puissante. Une annonce retentissante qui sert une stratégie de communication bien huilée : l’accès au public est en fait bordé par des tarifs dissuasifs et des garde-fous stricts