Le FESF lance des émissions de très longue maturité
La première émission de titres à 20 ans du Fonds européen de stabilité financière (FESF) a rencontré un franc succès auprès des investisseurs. La demande a atteint 4,8 milliards d’euros pour 1,5 milliard d’euros d’obligations placées avec l’aide de BNP Paribas, Commerzbank et DZ Bank. Attribuées à 115 points de base au-dessus du mid-swap, elles offrent un rendement de 3,956% (contre 3,591% pour la dernière émission à 10 ans en novembre).
Jusqu’à aujourd’hui, le FESF a émis des titres à 7,5 ans en moyenne, avec une maturité maximum de 10 ans. Mais lors du sommet de juillet dernier, il a été décidé qu’il pourrait désormais émettre des obligations de 15 à 30 ans. De quoi prêter plus facilement à long terme aux pays sous programme, notamment à la Grèce. Le FESF contribuera à hauteur de 109,1 milliards d’ici à 2014 au dernier plan de sauvetage de la république hellène. Il affirme qu’il «n’aura pas à lever des montant énormes». Notamment parce qu’il ne devrait pas avoir recours aux investisseurs pour recapitaliser les banques (jusqu’à 48 milliards d’euros). D’ici à la fin de l’année, il devra quand même trouver sur les marchés 32,2 milliards d’euros pour le pays. Suivront 32,3 milliards en 2013 et 32,1 milliards en 2014.
Pour le Portugal, le fonds lèvera en tout 13,9 milliards en 2012, puis 3,55 milliards en 2013 et 1,65 milliard en 2014. Enfin, pour l’Irlande, il mobilisera 8,1 milliards cette année et 2,03 milliards l’année prochaine. Même s’il a été dégradé par Standard and Poor’s à AA+ en janvier, le véhicule a bénéficié comme les autres émetteurs de la détente des marchés depuis le début de l’année. Il devrait en profiter pour émettre pour 3 milliards d’euros de titres à 5 ans cette semaine et 2 milliards d’euros de bons à six mois aujourd’hui, dans le cadre du programme de financement à court terme lancé en décembre 2011 pour gagner en «flexibilité». Selon un analyste, le FESF a expliqué lors d’une conférence aux investisseurs hier, qu’il devrait émettre à court terme deux fois par mois, dans la limite de 25 milliards d’euros.
Le fonds est censé laisser la place au Mécanisme européen de stabilité prévu pour juillet. Mais pour l’instant, ni le partage des rôles entre les deux fonds, ni l’éventuel renforcement du MES n’ont été précisés. Les ministres des Finances de la zone euro doivent se réunir le 30 mars à ce sujet lors d’un rendez-vous informel.
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