Le FESF estime avoir les épaules assez solides pour supporter la dégradation de S&P
Après avoir privé vendredi soir la France et l’Autriche de leur triple A, Standard & Poor’s s’est logiquement attaquée hier à la note du Fonds européen de stabilité financière, ramenée de AAA à AA+. L’agence de notation estime que les obligations du FESF ne sont plus suffisamment soutenues, alors que les engagements du club des pays AAA ont diminué à 271 milliards d’euros, totalisant 62% de la surgarantie de 165%.
S&P, qui a confirmé la note à court terme A-1+, attribue une perspective en développement. Cela signifie qu’elle peut redonner une note maximale si de nouvelles mesures de rehaussement de la qualité de crédit sont mises en place ou abaisser encore la note. Le scénario d’un relèvement des garanties apparaît aujourd’hui bien improbable, Berlin ne cachant pas son hostilité. «Le gouvernement allemand n’a aucune raison de penser que le volume des garanties du FESF ne suffirait pas à remplir ses obligations», a déclaré le porte-parole de la chancelière Angela Merkel.
Une autre manière de regagner une note triple A serait de réduire la capacité de prêt. Comme l’explique BNP Paribas, 38% des futures émissions obligataires seraient retenues d’office pour former un coussin de liquidités, ce qui permettrait de garantir la totalité d’une obligation par du cash et/ou des garanties AAA. Dans ce cas, la capacité de prêt du dispositif tomberait de 440 milliards d’euros à 271 milliards.
Mais le directeur général du FESF a éloigné cette possibilité. «Le déclassement à AA+ par une seule agence de notation ne réduira pas la capacité de prêt du FESF de 440 milliards d’euros», a réagi Klaus Regling. «Le FESF dispose de suffisamment de ressources pour remplir ses engagements suivant des programmes d’ajustement en cours ou à venir, jusqu'à ce que le MES entre en œuvre en juillet 2012», a-t-il assuré.
C’est donc la troisième option, celle d’une acceptation tacite d’une note «AA+», qui semble tenir la corde. La principale inquiétude qui s’y rattache est une montée des coûts de financement. Mais comme le note BNP Paribas, les obligations du FESF ont été hautement corrélées depuis le début à la France et à la Cades. Or, la réaction du marché obligataire à la dégradation de la France a été tout en retenue.
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