Le FESF élargit discrètement sa palette d’outils utiles aux Etats en difficulté
Depuis sa dégradation à AA+ par Standards and Poor’s et l’annonce de la mise en place anticipée du Mécanisme européen de stabilité (MES), la structure du Fonds européen de stabilité financière (FESF) n’est plus débattue. Cela ne l’empêche pas de poursuivre sa mue. La semaine dernière, il a lancé le véhicule de protection des obligations souveraines européennes (European Sovereign Bond Protection Facility ou ESBPF), une société anonyme basée au Luxembourg, qui pourra émettre des «certificats de protection». La création de ce nouvel outil avait été décidée en octobre dernier, comme celle de fonds de co-investissement, pour augmenter la force de frappe du fonds de secours.
Théoriquement, le FESF peut désormais offrir des «certificats de protection partielle» attachés aux nouvelles émissions des Etats membres. Ils permettraient à ceux qui sont en difficulté d’émettre à des taux raisonnables en garantissant leurs obligations à hauteur de 20 à 30% de leur principal. Cependant, «même si l’ESBPF est désormais prête, elle ne sera activée qu’à la demande d’un Etat membre», a souligné le directeur du fonds, Klaus Regling. En revanche, il assure que de nombreux investisseurs internationaux se sont déclarés prêts à investir dans les certificats.
«Si l’investisseur est persuadé de la faillite d’un Etat, il n’achètera pas de certificat, ce serait comme prendre une garantie sur les portes et les fenêtres de sa maison alors qu’on sait qu’elle va brûler entièrement», estime cependant Jacques Cailloux, économiste chez RBS. La garantie, versée en cash ou en obligations du FESF, ne jouerait que si son détenteur possède les obligations souveraines sous-jacentes et en cas d’événement de crédit au sens de l’Isda. Cependant, contrairement à ce qui se passe pour les CDS, le comité de détermination de l’Isda ne doit pas forcément avoir été saisi pour activer les certificats.
«Il peut y avoir un marché assez spécifique pour les investisseurs qui sont convaincus qu’un pays ne fera jamais défaut mais qu’en cas de crise de liquidité le certificat leur permettrait de réduire leur exposition nette à ce pays», assure l'économiste. Pour le directeur de la recherche taux de Nomura, Nick Firoozye, «les certificats pourraient être intéressants pour le Portugal mais pas pour l’Italie car si l’Italie fait défaut, le FESF ferait aussi défaut et les certificats ne vaudraient plus rien».
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