Le dynamisme du commerce extérieur chinois masque des failles inquiétantes
En apparence, le dynamisme du commerce extérieur chinois reste solide. Le rythme de croissance des exportations s’est accéléré à 9,7% sur un an au mois de décembre, alors que la contraction des importations s’est réduite à 2,3%, après -6,7% le mois précédent. Sur l’année 2014, l’excédent record de 381 milliards de dollars enregistré par l’économie chinoise après celui de 259 milliards en 2013, dans un contexte de ralentissement de la croissance des exportations à un rythme de 6,1%, est dû à l’affaiblissement de la demande intérieure avec un coup d’arrêt des importations, après une hausse de 7,2% en 2013. «Les mesures prises pour nettoyer les excès de l’envolée du crédit de 2009-2010 sur le marché immobilier, le shadow banking et les finances locales sont certainement à l’origine du ralentissement des importations», estime ING.
Or, si la Chine était caractérisée par un excédent extérieur et des entrées de capitaux, conduisant à une accumulation des réserves de change de la PBOC pour éviter l’appréciation du renminbi, ce mouvement s’est inversé. Une évolution inquiétante qui «annonce sans doute la poursuite de la faiblesse de l’investissement des entreprises et de la croissance» en Chine, selon Natixis. Sur les six mois achevés fin septembre, la hausse de l’excédent extérieur s’est accompagnée d’environ 130 milliards de dollars de sorties nettes de capitaux financiers, non compensées par les investissements directs.
«Si le déficit du deuxième trimestre était dû à l’accumulation des dépôts en devises des résidents locaux, celui du troisième trimestre provient de la baisse des prêts étrangers en Chine de 57 milliards de dollars» auxquels s’ajoute un record de 63 milliards issus de la composante «erreur» «traduisant probablement des flux qui pariaient sur une appréciation du renminbi», précise SG CIB.
S’il s’est légèrement repris de 0,3% depuis une semaine, le cours de la devise chinoise contre dollar sur le marché onshore (CNY) reste à moins de 6,2 en recul de 1,5% depuis fin octobre dernier, et de 2,6% depuis son point haut de 6,04 atteint il y a juste un an. Le CNY traite ainsi à une décote de 1,3% par rapport au taux fixé par la PBOC hier à 6,1195.
«L’écart le taux spot du CNY et le taux de référence reste déterminé par la volatilité des flux de capitaux», estime ING qui anticipe une légère dépréciation à 6,17 du renminbi en fin d’année.
Plus d'articles du même thème
-
L'investissement forestier reste un puissant outil de défiscalisation et de transmission
Actif tangible avec une forte dimension ESG, peu sensible à la volatilité des marchés financiers, l’investissement forestier séduit un nombre croissant de clients privés. Le rendement, modeste, est largement compensé par une fiscalité généreuse. -
Alstom s'effondre en Bourse après son avertissement sur résultats
Après des comptes annuels inférieurs aux attentes, le constructeur du TGV a prévenu qu'il n'atteindrait pas ses objectifs à moyen terme. En réaction, son titre est lourdement sanctionné. -
Josselin Kalifa de la CDC co-préside le comité de pilotage de la NZAOA
Josselin Kalifa, directeur des investissements de la Caisse des Dépôts, et Toru Shindo, directeur des investissements du fonds de pension du personnel des Nations Unies, ont été élus co-présidents du comité de pilotage de l'alliance des détenteurs d'actifs pour la neutralité carbone (NZAOA). -
Les entreprises doivent optimiser la chasse aux impayés
L’enquête de la fintech Payt relève que près de la moitié des ETI n’ont pas déployé d’outil dédié au credit management. -
Bouygues, Free et Orange entrent en discussions exclusives pour racheter SFR
Le trio propose désormais 20,35 milliards d'euros pour une large partie des actifs d'Altice France. Bouygues Telecom obtiendrait la plus grande part avec 42%. -
Korege élargit son partenariat avec Fund Channel
Fund Channel s'occupe désormais de la gestion des flux de collecte et de la facturation des rétrocessions, ainsi que de la centralisation du dispositif de distribution de la filiale de la Matmut.
ETF à la Une
Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
- Comgest fait face à une forte décollecte au premier trimestre 2026
- Qui sont les plus grands gérants d'actifs du monde en 2026 ?
- Arkéa AM se rapproche de son objectif d’encours à 2030
- Amundi «toujours en phase d'apprentissage» dans la numérisation de fonds
- Morgan Stanley entre dans la danse des ETF bitcoin
Contenu de nos partenaires
-
Rachat de SFR : Patrick Drahi accepte l’offre du consortium Orange, Free et Bouygues
Patrick Drahi a donné son feu vert pour vendre SFR à un consortium réunissant Bouygues Telecom, Iliad/Free et Orange. Leur offre s’élève à 20,35 milliards d’euros -
CarrièreNe vous laissez plus manipuler, apprenez à influencer les autres
Dans son nouveau livre, Marwan Mery, ancien officier spécialiste de la négociation de crise au sein du COS, l'état-major des forces spéciales françaises, dévoile plusieurs techniques utiles en expliquant comment nos cerveaux fonctionnent. Passionnant ! -
Liban : à peine entré en vigueur, le cessez-le-feu fragilisé par Israël et le Hezbollah
Une trêve est entrée en vigueur entre Israël et le Liban à minuit, vendredi 17 avril. Mais celle-ci paraît fragile : en représailles des « actes d’agression » d’Israël, le Hezbollah a attaqué des soldats israéliens