Le dynamisme du commerce extérieur chinois masque des failles inquiétantes
L’excédent record de 381 milliards de dollars en 2014 s’est accompagné d’un coup d’arrêt des importations et de sorties massives de capitaux
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Patrick Aussannaire
En apparence, le dynamisme du commerce extérieur chinois reste solide. Le rythme de croissance des exportations s’est accéléré à 9,7% sur un an au mois de décembre, alors que la contraction des importations s’est réduite à 2,3%, après -6,7% le mois précédent. Sur l’année 2014, l’excédent record de 381 milliards de dollars enregistré par l’économie chinoise après celui de 259 milliards en 2013, dans un contexte de ralentissement de la croissance des exportations à un rythme de 6,1%, est dû à l’affaiblissement de la demande intérieure avec un coup d’arrêt des importations, après une hausse de 7,2% en 2013. «Les mesures prises pour nettoyer les excès de l’envolée du crédit de 2009-2010 sur le marché immobilier, le shadow banking et les finances locales sont certainement à l’origine du ralentissement des importations», estime ING.
Or, si la Chine était caractérisée par un excédent extérieur et des entrées de capitaux, conduisant à une accumulation des réserves de change de la PBOC pour éviter l’appréciation du renminbi, ce mouvement s’est inversé. Une évolution inquiétante qui «annonce sans doute la poursuite de la faiblesse de l’investissement des entreprises et de la croissance» en Chine, selon Natixis. Sur les six mois achevés fin septembre, la hausse de l’excédent extérieur s’est accompagnée d’environ 130 milliards de dollars de sorties nettes de capitaux financiers, non compensées par les investissements directs.
«Si le déficit du deuxième trimestre était dû à l’accumulation des dépôts en devises des résidents locaux, celui du troisième trimestre provient de la baisse des prêts étrangers en Chine de 57 milliards de dollars» auxquels s’ajoute un record de 63 milliards issus de la composante «erreur» «traduisant probablement des flux qui pariaient sur une appréciation du renminbi», précise SG CIB.
S’il s’est légèrement repris de 0,3% depuis une semaine, le cours de la devise chinoise contre dollar sur le marché onshore (CNY) reste à moins de 6,2 en recul de 1,5% depuis fin octobre dernier, et de 2,6% depuis son point haut de 6,04 atteint il y a juste un an. Le CNY traite ainsi à une décote de 1,3% par rapport au taux fixé par la PBOC hier à 6,1195.
«L’écart le taux spot du CNY et le taux de référence reste déterminé par la volatilité des flux de capitaux», estime ING qui anticipe une légère dépréciation à 6,17 du renminbi en fin d’année.
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