« Le dollar souffre face aux devises émergentes, au yen et au franc suisse »
L’Agefi : Les craintes sur les finances publiques américaines peuvent-elles peser sur le dollar ?
Jean-Louis Mourier : Il s’agit sans aucun doute de l’un des éléments qui expliquent la grande résistance de l’euro face au dollar dans la récente période de regain d’inquiétudes concernant le risque souverain attaché aux périphériques de la zone euro. Cette «solidité» de l’euro n’est toutefois qu’apparente parce qu’estimée par rapport à une autre devise faible. Face aux devises des émergents, au yen ou au franc suisse, le dollar souffre en effet de la dégradation des finances publiques américaines. Le billet vert pourrait profiter de la fin du QE2, mais rapidement les craintes liées au débat sur le plafond d’endettement devraient revenir sur le devant de la scène. Ces craintes sont renforcées par le questionnement sur les acheteurs potentiels de titres d’Etat américains dans un contexte où les principaux détenteurs de réserves de changes, et plus particulièrement la Chine, semblent décidés à diversifier leurs actifs.
La politique toujours accommodante de la BoE plaide-t-elle pour une remontée de l’euro/livre ?
Pas forcément à court terme. Il est vrai que les perspectives de politique monétaire jouent un rôle important dans l’évolution des taux de change, surtout à court terme et dans un contexte où les craintes sur la Grèce devraient diminuer pour un temps. Toutefois, alors que la BCE a commencé à relever ses taux directeurs et qu’elle ne cache pas que le mouvement n’est sans doute pas terminé, le sterling pourrait « profiter » d’un redressement de l’activité qui ferait resurgir les anticipations de durcissement prochain de la politique de la BoE.
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