Le dollar perd certains de ses facteurs de soutien

Les mauvaises nouvelles industrielles et statistiques aux Etats-Unis ont fait sortir l’euro/dollar de sa fourchette de 1,24-1,30
Tân Le Quang

Le dollar vit une fin d’année tendue et marquée par des statistiques conjoncturelles catastrophiques aux Etats-Unis, comme la destruction massives d’emplois, le creusement surprise du déficit commercial ou la poursuite du recul des ventes au détail. Et le rejet jeudi soir du plan de sauvetage de l’industrie automobile par le Sénat américain s’est ajouté à la liste des mauvaises nouvelles pour le billet vert. L’euro/dollar, qui fluctuait depuis mi-octobre dans une fourchette de 1,24-1,30 dans un contexte d’accalmie des marchés, s’est renforcé de 5,5% face à la monnaie unique passant d’un plus bas lundi de 1,2715 à un plus haut vendredi de 1,3416. La remontée de la volatilité de la parité euro/dollar à une semaine et à un mois de 2 à 3 points de pourcentage respectivement à 20,9% et 19,1% signale un retour de la nervosité des marchés. «La remontée de l’euro/dollar s’explique par la fermeture de positions longues en dollars, les investisseurs n’ayant en cette fin d’année aucune visibilité sur les perspectives macroéconomiques, précise Carole Lauhlere, stratégiste taux chez SG CIB, à court terme, la parité pourrait toucher les 1,36.»

En plus des questions techniques, le dollar perd un certain nombre de facteurs de soutien. «On a observé un épuisement des rapatriements de fonds des sociétés américaines ayant besoin de dollars. Un phénomène qui fait perdre au billet vert un élément de support majeur dans un contexte d’illiquidité du marché des changes. A cela s’ajoute le retour du stress dans la sphère bancaire et industrielle, remarque Gilles Moëc, senior économiste chez Bank of America, notre constat nous amène à tabler sur un euro/dollar à 1,42 sur un horizon de trois mois». La banque américaine précise d’ailleurs dans une note que la récession mondiale est en train d’éroder la croissance des exportations nettes qui ont été un important catalyseur de la croissance américaine en 2008. Par ailleurs, la remontée du pétrole la semaine dernière d’un niveau plancher de 40,81 dollars à 45,93 dollars vendredi a aussi pesé sur le dollar.

Pour autant, Carole Laulhere estime que «le dollar devrait revêtir début 2009 son statut de valeur refuge dans un contexte de récession mondiale exacerbée», la stratégiste prévoyant l’euro/dollar à 1,15 à fin mars.

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