« Le dollar devrait reprendre des couleurs en 2010 »
Laurence Boone, chef économiste France chez Barclays Capital
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Tân Le Quang
L’Agefi : 2010 sera-t-elle l’année du retour en grâce du billet vert face à la monnaie unique ?
Laurence Boone: Le dollar a traversé un véritable orage en 2009, sous la double influence d’une moindre aversion pour le risque et d’un besoin de financement important de l’administration américaine. Ces facteurs devraient diminuer en importance en 2010, et le dollar reprendrait des couleurs pour trois raisons. La croissance américaine devrait surperformer celle de la zone euro et du Japon la première moitié de l’année. Tout au long de 2010, la Fed devrait progressivement resserrer la politique monétaire, d’abord en retirant progressivement les liquidités abondantes injectées pendant 2009, puis en montant les taux vers la seconde partie de l’année. Le déficit budgétaire américain, plus sensible aux fluctuations de l’activité qu’en zone euro et au Japon, s’améliorerait plus rapidement, ce qui est aussi positif pour le billet vert.
Le yen retrouvera-t-il son statut de valeur refuge ?
L’appréciation du yen en 2009 est plutôt l’effet miroir de la dépréciation du dollar. En réalité, le yen nous paraît fragilisé, notamment par l’appréciation du dollar à venir, mais surtout pour deux raisons, liées à la politique de change et budgétaire. Tout d’abord, les autorités japonaises ont l’air décidées à freiner une appréciation du yen, notamment par l’achat d’emprunts souverains pour injecter des liquidités dans l’économie. En outre, le marché est devenu sensible aux dettes publiques, et les investisseurs se méfient d’une possible détérioration de la dette japonaise avec le nouveau gouvernement. Au total, les forces sont plutôt orientées à la baisse sur le yen.
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