Le dollar australien reste une des principales victimes de la guerre des changes

La devise s’est appréciée de 23% contre le yen depuis juin 2012 et a atteint lundi un plus haut depuis août 2008
Patrick Aussannaire

L’Australie reste l’une des victimes de la guerre des changes. L’accélération moins forte que prévu des prix à la consommation à un rythme annuel de 2,2% au dernier trimestre de l’année 2012, contre 2,4% anticipé par le consensus et 2% au trimestre précédent a fait baisser le dollar australien de 0,3% hier contre le billet vert à 1,0535. La devise se repliait aussi de 0,3% contre le yen à 93,40, mais reste sur une tendance nettement haussière, avec une appréciation de 23,4% depuis juin 2012. En début de semaine, elle avait atteint 94,78, son plus haut niveau contre yen depuis août 2008.

Le rebond mercredi du dollar australien est essentiellement dû à la publication des chiffres de l’inflation «qui laissent la porte ouverte à une nouvelle baisse des taux directeurs de la RBA», selon Stephen Walters, chef économiste chez JPMorgan. Pourtant, les anticipations de marchés restaient stables avec une probabilité limitée à 47% que la RBA opère une nouvelle baisse des taux directeurs de 25 pb à sa prochaine réunion qui se tiendra le 5 février. Une vision partagée par 13 des 18 économistes interrogés par le Wall Street Journal qui prévoient le statu quo en février. Cinq tablent sur une baisse qui ramènerait les conditions de financement à un plus bas historique de 2,75%, et qui n’est pour l’heure anticipée par les marchés avec certitude que d’ici l’été prochain.

D’autant que l’inflation sous-jacente est restée contenue à 2,3% sur le quatrième trimestre 2012 et ancrée dans la fourchette cible de 2% à 3% de la RBA. «Les premiers signes que les baisses de taux passées soutiennent l’économie australienne commencent à apparaître», ajoute Paul Bloxham, chef économiste chez HSBC. La hausse récente des prix du minerai de fer qui sont passés de 90 dollars en septembre à 155 dollars la tonne, la hausse des marchés actions avec l’indice local à son plus haut niveau depuis avril 2011, ainsi que l’amélioration des indices de confiance pourraient ainsi freiner la banque centrale.

Dans ce contexte, «il semble peu probable d’assister à une baisse sensible dans les anticipations de taux», estiment les économistes de Citigroup qui conseillent ainsi de jouer l’appréciation du dollar australien contre yen, le potentiel de baisse étant, selon eux, limité. Le rendement des obligations d’Etat à 10 ans restait stable à 3,32%.

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