Le dollar atteint un plus bas historique face à l’euro et inquiète
«Dans les circonstances actuelles, nous sommes préoccupés par les mouvements de change excessifs» s’est inquiété Jean-Claude Juncker, président de l’Eurogroupe après le nouveau plus haut historique atteint par l’euro face au dollar. Ce dernier a dénoncé hier les taux de change qui ne reflètent pas «les données fondamentales», soulignant que «les marchés surréagissent trop». D’autres personnalités sont montées aux créneaux hier pour soutenir qu’«un dollar fort est très important» pour les Etats-Unis et pour inviter les marchés à «regarder les fondamentaux».
La ministre française de l'économie, Christine Lagarde, a ainsi évoqué le «seuil psychologique» qui avait été franchit par l’euro, à plus de 1,50 dollar. Jean-Claude Trichet est intervenu en déclarant qu’il considérait comme très importantes les affirmations des autorités américaines, selon lesquelles un dollar fort est dans leur intérêt. Cette intervention inhabituelle a été saluée par Jacques Cailloux, chef économiste chez Royal Bank of Scotland, qui pense même qu’elle peut relancer le débat sur une baisse des taux de la part de la BCE. Henry Paulson, Secrétaire du Trésor américain, est par ailleurs intervenu hier pour confirmer les propos de Jean-Claude Trichet, «un dollar fort est dans l’intérêt de la nation», a-t-il dit, et de poursuivre «je crois que les fondamentaux son très solides et que notre monnaie va finir par les refléter».
Ces différentes déclarations ont interrompu la descente du dollar, comme l’indique un banquier européen, les comparant à «une piste d’atterrissage». Celui-ci prévoit une accalmie pendant quelques jours. Mais pour combien de temps encore, se demandent déjà certains économistes qui soulignent «la tendance baissière» du billet vert. Que se passera-t-il si la Reserve fédérale américaine, le 18 mars prochain, ne baisse pas son taux directeur de 75 points base, à 2,25%, comme l’attendent les analystes? D’autre part, Yuji Saito de la Société Générale, doute même de la volonté de la Fed d’avoir un dollar fort, celle-ci n’étant pas «mécontente d’un dollar faible pour soutenir son économie». Richard Grace responsable de la stratégie chez Commonwealth Bank of Asutralia, résume ainsi ce pessimisme «les interventions verbales auront certains effets mais l’on ne peut pas arrêter un train. Si l’euro veut monter, il montera».
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