Le discours prudent de Janet Yellen alimente la remontée des taux américains

Le rendement des obligations américaines à 10 ans s’est tendu de 14 pb la semaine dernière, alors que le dollar s’est renforcé de 1,3% contre euro
Patrick Aussannaire
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Très attendu, le discours de la présidente de la Fed vendredi à Jackson Hole s’est révélé très prudent. Janet Yellen a repris les minutes de la dernière réunion du comité de politique monétaire (FOMC) en indiquant que «si les progrès sur le marché de l’emploi continuent d’être plus rapides que prévu par le FOMC ou si l’inflation accélère plus vite que prévu, (…) alors la hausse des taux Fed funds pourra intervenir plus tôt qu’initialement envisagé par le FOMC et pourrait être plus rapide ensuite.» «Le discours a été équilibré, alors que les marchés l’attendait accommodant», estime néanmoins Citigroup.

Néanmoins, ce discours n’a pas modifié de façon marquée la perception du marché sur un début de remontée des taux de la Fed plus précoce que prévu, notamment depuis la publication la semaine dernière des minutes de la réunion du FOMC de juin. La semaine dernière, le rendement des Treasuries à 10 ans s’est tendu de 14pb pour revenir à 2,44%. Profitant ces dernières semaines, à l’instar des taux européens, d’une fuite vers la qualité de la part des investisseurs face aux tensions géopolitiques en Ukraine, il était tombé à 2,3%, son plus faible niveau depuis juin 2013.

Les marchés ont ainsi semblé avancer légèrement leurs prévisions du moment que choisira la Fed pour débuter son processus de normalisation monétaire, avec une remontée du taux à 2 ans de 11pb sur la semaine dernière, à près de 0,50%. Les rendements américains restent toujours en baisse de 20pb sur la partie 10 ans et de 6pb sur la partie 2 ans depuis le début du mois de juillet. Mais le spread avec les taux allemands s’est néanmoins écarté de respectivement 13 et 4pb sur la période pour atteindre 145pb et 49pb.

Ce spread à 10 ans, à ses niveaux les plus élevés depuis juin 1999, alors que celui à 2 ans est à 3pb de son plus haut depuis l’été 2007 enregistré fin juillet, illustre la divergence croissante entre les orientations des politiques monétaires de part et d’autre de l’Atlantique. Dans ce contexte, le dollar a encore une fois gagné du terrain contre euro pour atteindre 1,3236. Il était en hausse de 1,3% la semaine dernière et 3,5% depuis début juillet. «La reprise économique continue d’alimenter le discours des faucons», estime Citigroup qui prévoit ainsi une poursuite de la remontée des taux et du dollar dans les prochaines semaines.

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