Le discours plus accommodant de la BoE fait chuter la livre
La livre sterling pâtit du décalage des anticipations de hausse des taux de la BoE. Sur la semaine dernière, la devise s’est dépréciée de 1,6% contre le billet vert, soit 7,3% depuis mi-juillet. «La récente faiblesse de la livre peut être attribuée à la réduction des anticipations d’une baisse précoce des taux directeurs de la BoE», estime Citigroup.
Depuis début juillet, le spread entre taux britannique et américain à 2 ans s’est contracté de 21 pb pour revenir à 23 pb hier, alors que les contrats short sterling prévoient désormais une première remontée des taux directeurs britanniques en juin 2015, deux mois plus tard que les prévisions d’il y a seulement deux semaines, lorsque Mark Carney avait indiqué un début de cycle de resserrement en mars prochain.
Dans ce contexte, la Fed devrait augmenter ses taux avant la BoE, selon Natixis. Certains membres de la BoE, tels que Kristin Forbes ayant rejoint le Comité l’été dernier, suggèrent qu’il n’y a pas de risque inflationniste imminent. Les salaires nominaux incluant les bonus n’ont progressé que de 0,6% au Royaume-Uni sur un an, et sont ainsi en baisse en termes réels avec une inflation qui a chuté de 0,4 point depuis juin à 1,5%. Les points morts d’obligations indexées britanniques à 10 ans ont même plongé de 36 bp depuis le début de l’année et de 15 bp en un mois, à 2,76%. Une baisse de l’inflation qui résulte surtout, selon Kristin Forbes, de l’appréciation passée de la livre, et qui devrait ainsi remonter avec le recul récent de la devise britannique. La BoE devra ainsi certes relever ses taux si les risques d’inflation liés à la hausse attendue des salaires se matérialisent, mais pas avant 2015.
En l’absence immédiate de hausse des taux directeurs, la BoE cherche les moyens de réduire la bulle immobilière par un renforcement des mesures macroprudentielles. Le dernier rapport du comité de politique financière conclut que le programme Help to Buy mis en place par le gouvernement ne pose pas de problème de stabilité financière et recommande que le chancelier de l’Echiquier Georges Osborne donne davantage d’outils macroprudentiels à la BoE pour réguler le marché immobilier.
«Dans la mesure où ces outils peuvent être considérés comme un substitut à une hausse future des taux, ils peuvent ainsi contribuer à la poursuite de la baisse de l’avantage comparatif des taux britanniques et ainsi de la livre sterling», estime Citigroup.
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