« Le différentiel de conjoncture Europe/Etats-Unis devrait repousser l’euro/dollar vers 1,33 »
L’Agefi: Le cas de la Grèce apporte beaucoup de volatilité à la parité euro/dollar. Dans ce contexte, quelle est votre prévision à 3 mois sur le taux de change ?
Hélène Baudchon: La baisse de l’euro est la conséquence du retour du risque souverain sur le devant de la scène. La monnaie unique subit les difficultés budgétaires grecques, les dissensions politiques et la confusion autour du sauvetage ou non du pays, par l’Europe ou avec le FMI, et, plus globalement, les failles de la construction européenne. De son côté, le dollar est porté par son statut de valeur refuge comme à chaque poussée d’aversion pour le risque. La baisse de l’euro nous paraissant excessive, un sursaut à très court terme est possible dès qu’une solution définitive et satisfaisante au problème grec sera trouvée. Mais à l’horizon de trois mois, les forces baissières venant d’un différentiel de conjoncture favorable aux Etats-Unis devraient l’emporter et repousser l’euro/dollar vers les 1,33.
La livre dispose-t-elle de facteurs de soutien face à la monnaie unique ?
La livre, comme l’euro, souffre de maux qui lui sont propres. Malgré des nouvelles économiques encourageantes, elle se retrouve fragilisée par les problèmes fiscaux du Royaume-Uni et le discours globalement accommodant de la Banque d’Angleterre (qui n’est pas mécontente au passage de la baisse de la livre). Cependant, les chances s’accroissent pour que la Banque centrale transforme la pause dans sa politique d’assouplissement quantitatif en arrêt, ce qui devrait donner un coup de fouet à la livre. De plus, elle se retrouve aujourd’hui nettement sous-évaluée. Nous restons donc haussiers sur cette devise et voyons l’euro/livre à 0,83 fin 2010 (contre 0,9 aujourd’hui).
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