Le destin de la Grèce dans la zone euro n’est pas encore scellé
La Grèce est l’épicentre des tensions européennes. Les inspecteurs du FMI et de l’Union européenne ont achevé hier leur visite dans le pays avec «de bons progrès» dans leurs bagages, a assuré le chef de la mission du FMI en Grèce, Poul Thomsen. Un optimisme permis par l’accord trouvé entre les partis de la coalition grecque au pouvoir sur des coupes budgétaires de 11,5 milliards d’euros censées convaincre ses créanciers internationaux de poursuivre leur aide. «Les discussions sur la mise en œuvre du programme ont été productives et il y a eu un accord d’ensemble sur la nécessité de fournir davantage d’efforts pour atteindre les objectifs», a indiqué la Troïka dans un communiqué.
Ce week-end, le Die Welt assurait même que la BCE aurait accepté lors de sa réunion de jeudi dernier de garantir à la Grèce l’octroi de prêts d’urgence supplémentaires en relevant le montant limite de prêts à court-terme que la Banque de Grèce peut accepter en échange de l’octroi de prêts d’urgence. Jusqu'à présent, cette dernière ne pouvait accepter des bons du Trésor que dans une limite de 3 milliards d’euros par le biais du dispositif de liquidités d’urgence, mais elle pourrait à l’avenir en accepter jusqu'à 7 milliards. De quoi octroyer 4 milliards d’euros de fonds supplémentaires à Athènes, qui risque de venir à court de liquidités avant la prochaine visite de la Troïka en septembre qui décidera du versement d’une nouvelle tranche d’aide.
Malgré cela, l’Allemagne est encore venue jouer les trouble-fêtes avec des déclarations cinglantes, hier, du ministre bavarois des Finances, Markus Söder, membre de la CSU alliée de la chancelière Angela Merkel, anticipant dans un entretien au Bild am Sonntag une sortie de la Grèce de la zone euro avant la fin de l’année. «L’Allemagne ne peut plus être le carnet de chèque de la Grèce. Chaque nouvelle aide, si petite soit elle, chaque assouplissement (en faveur de la Grèce) irait dans la mauvaise direction», a-t-il dit, ajoutant qu’accorder plus d’aide reviendrait à vider la mer à la petite cuiller. Et de conclure qu’«à un moment, tout le monde doit couper le cordon ombilical et pour les Grecs, l’heure est venue.»
Et le Premier ministre italien, Mario Monti, de concéder hier au Spiegel que les «tensions qui ont accompagné la zone euro dans les dernières années montrent des signes de dissolution psychologique de l’Europe».
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