Le désordre monétaire est responsable des crises financières depuis 1971
Dans ses mémoires, «Cinquante ans de crises financières», Jacques de Larosière tire les enseignements de sa carrière à la tête de la Banque de France, du FMI et de la BERD.
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C.D., Agefi.fr
La fin des accords monétaires de Bretton Woods n’a cessé de provoquer des crises récurrentes depuis les années 1970. C’est ce que soutient Jacques de Larosière tout au long de son livre Cinquante ans de crises financières dans lequel il mêle anecdotes familiales, faits historiques et réflexions personnelles.
Successivement à la tête du FMI (1978 – 1987), gouverneur de la Banque de France (1987 – 1993), président de la BERD (1993 – 1998) et actuel conseiller du président de BNP-Paribas, l’ancien inspecteur des finances publiques a vécu au plus près des événements financiers majeurs : effondrement du système monétaire de Bretton Woods entre 1971 et 1973, crise de l’Amérique latine des années 1990, transition des pays de l’Europe de l’Est, …
« Bien que trop rarement dénoncé, l’enchaînement de conséquences de la décision d’août 1971 est, à mon sens, à l’origine de nombre des déséquilibres structurels d’aujourd’hui », regrette Jacques de Larosière, faisant référence à la décision de Washington du 15 août 1971 de suspendre la convertibilité or du dollar. Il décrit un « non-système » provenant de la possibilité pour les Etats de choisir leurs taux d’intérêt.
Ce manque de discipline économique est responsable de l’instabilité ambiante et l’ancien directeur du FMI souligne qu’un « véritable système monétaire international proscrit une situation de déficits courants prolongés […] et implique la mise en œuvre commune d’une politique de stabilité ».
La conséquence est une tendance à l’endettement qui pose la question de la légitimité de faire payer les générations futures des dépenses d’aujourd’hui Il précise même que la dette s’est accrue de 56 trillions de dollars entre 2007 et 2014, soit plus rapidement que la croissance économique. Il analyse la crise de 2007-2008 comme la « manifestation extrême de ce que peut produire un endettement excessif » et déplore la mise en place par la BCE de mesures d’assouplissement quantitatif.
L’ancien gouverneur de la Banque de France évoque plusieurs pistes de réflexion. L’accalmie des crises financières doit nécessairement passer par une réduction des déficitaires budgétaires et donc par une baisse des dépenses publiques « improductives » sur fond de réformes structurelles.
Face à une période d’essoufflement démographique, les pays européens n’ont pas intérêt à « protéger leurs particularismes nationaux » mais plutôt à développer un projet commun profitable à tous les types d’économies de la zone euro, ce qui passe par l’amélioration du leadership ; songe-t-il en particulier à celui des institutions européennes ou plutôt des dirigeants politiques français ?
Les très grandes entreprises nationales affichent des gains de productivité plus élevés que dans le reste de l’Europe, grâce essentiellement à leur croissance et non par des réductions d’effectifs. En revanche, la France manque cruellement d’entreprises innovantes parmi ses grands champions.
Réindustrialiser l’Europe ne signifie pas seulement relocaliser la production. Pour reconstruire une souveraineté industrielle durable, encore faut-il financer les bons maillons, disposer de foncier, de compétences, d’infrastructures logistiques et d’une vision de long terme. C’est autour de ces enjeux que se sont articulés les échanges du dernier atelier du groupe de travail “Souveraineté et durabilité : le nouveau couple européen”, co-fondé par Edmond de Rothschild Asset Management dans le cadre du Think Tank “2030, Investir Demain”.
Le document a été présenté et publié vendredi. Si le diagnostic est consensuel, les remèdes évoqués font débat. Pour Maria Luis Albuquerque, commissaire chargée des services financiers et de l’Union de l’épargne et des investissements, la tâche à venir la plus ardue sera de parvenir à changer les mentalités.
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L’Autorité des marchés financiers objective dans un document de travail l’attrition de la place de Paris, chiffrant la baisse du nombre d’émetteurs sur Euronext Paris et Euronext Growth, ce marché enregistrant un recul depuis 2024.
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