Le déséquilibre offre/demande sur le cuivre devrait revenir au premier plan
Si la vague de hausse du prix du cuivre s’est brisée sur le seuil des 10.000 dollars la tonne début février sur le LME , le métal rouge a vu ses cours tripler depuis son plus bas de fin 2008 (2.800 dollars), alimentant les interrogations sur son évolution future. Or si la hausse observée a été nourrie par la reprise économique mondiale, elle a été perturbée par des positions spéculatives à court terme.
Les fondamentaux vont toujours dans le sens de la hausse. La demande des pays émergents augmente structurellement - la Chine totalisant à elle seule 38% de la consommation mondiale - alors que les grands gisements de production affichent des rendements en déclin. Mais les facteurs techniques sont eux moins favorables et les craintes de pénurie se sont évanouies depuis trois mois: les stocks de métaux sur le LME dépassent 468.000 tonnes et les récentes mesures de resserrement monétaire en Chine devraient les maintenir à des niveaux confortables à Shanghaï (128.000 tonnes actuellement). Et les pressions haussières au premier trimestre semblent surtout avoir été favorisées par les achats importants de plusieurs banques, liés au lancement de produits financiers (ETF, ETC,…) adossés à du cuivre physique.
Le dégonflement de certaines positions spéculatives et la récente remontée des stocks conduisent beaucoup d’analystes à anticiper une stagnation des prix en 2011 et en 2012, suivie d’un recul marqué à partir de 2013. Ces prévisions nous semblent cependant trop pessimistes, les défis attendus du côté de l’offre et la flambée inéluctable de la demande chinoise et indienne étant de nature à soutenir la hausse des cours à moyen et long terme. Ainsi, la consommation de cuivre par habitant dépasse à peine 0,5 kg en Inde et 3,5 kg en Chine, contre 10 kg au Japon et 15 kg en Corée du Sud.
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