Le déficit budgétaire américain devrait de nouveau dépasser les 1.000 milliards de dollars
L’occasion était trop belle pour les Républicains. Les prévisions du Congressional Budget Office (CBO) leur ont permis de tirer à boulets rouges sur la politique économique du président Obama. Selon le rapport de cet organisme non-partisan, le déficit budgétaire du pays devrait atteindre 1.100 milliards de dollars, soit 7% du PIB, en recul de 2 points de pourcentage par rapport au déficit record enregistré en 2011. Une telle performance marquerait une quatrième année consécutive au-dessus de la barre des 1.000 milliards de dollars. «Aucun plan crédible pour alléger le fardeau écrasant de la dette n’a été mis en place» sous la présidence actuelle, n’a pas manqué de souligner le républicain Paul Ryan, président de la commission du Budget à la Chambre des représentants.
Les prévisions du CBO reposent sur l’idée d’une confirmation du cadre législatif actuel et un taux de croissance de 2% en 2012. Le déficit entamerait à compter de 2013 un déclin marqué pour tomber sous les 200 milliards de dollars et s’inscrire en moyenne à 1,5% du PIB sur la période 2013-2022. Un tableau idyllique où le taux de chômage descendrait à petites foulées autour de 7% d’ici à la fin 2015, avant de tomber à 5,5% d’ici à la fin 2017.
Les revenus grimperaient de près de 800 milliards de dollars, soit plus de 30%, entre 2012 et 2014. Cette hausse serait essentiellement redevable à la disparition, fin 2012, de certaines exonérations d’impôt votées sous l'ère George W. Bush. Saisissant la balle au bond, le président de la commission du Budget au Sénat, le démocrate Kent Conrad, a invité les élus républicains «à mettre la question des revenus sur la table et à accepter un code fiscal où tous, y compris les plus fortunés, paient leur juste part».
La trajectoire budgétaire américaine étant dépendante de ces luttes politiques, le CBO a élaboré un «scénario alternatif». Celui-ci prévoit par exemple que si les exemptions fiscales arrivant à expiration sont prolongées et si les taux de remboursement des services médicaux dans le cadre de Medicare sont maintenus à leur niveau actuel, le déficit budgétaire monterait en moyenne à 5,4% sur la période 2013-2022. Pour parachever le tout, la dette publique culminerait à 94% du PIB en 2022, son plus haut niveau depuis la fin de la deuxième guerre mondiale.
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