Le défi de la croissance

Philippe Mudry

Tout à leur consternation quant aux conséquences de la décision de Standard & Poor’s vendredi sur les souverains européens, les décideurs politiques ne doivent pas sous-estimer l’avertissement que leur donne l’agence sur la cause profonde de la dégradation de la situation en zone euro : une approche purement budgétaire du problème au détriment d’une démarche économique d’alimentation de l’activité par la mise en œuvre d’une politique de croissance coordonnée. C’est à juste titre que S&P relève que les différentiels de compétitivité s’y creusent, ce qui se traduit par des déséquilibres d’endettement très élevés entre Etats-Membres. Logique avec elle-même, l’agence a conservé leurs notes à ceux d’entre eux qui sont les plus gros créateurs nets d’épargne. On peut bien sûr le critiquer puisque ces amas d’épargne, notamment en Allemagne, sont une partie du problème posé et que s’ils se poursuivent, ils auront pour contrepartie l’anémie de leurs partenaires. Mais cette analyse a au moins pour vertu de rappeler que pour l’heure, la question d’une politique coordonnée de croissance de la zone euro attend toujours sa solution. Cela passe bien sûr par des politiques symétriques de quête de compétitivité pour les uns et de relance de l’activité pour les autres qui ne sont faciles à faire admettre pour personne. Reste que faute de la trouver dans les plus brefs délais, la zone ne pourra que continuer à s’enfoncer dans un masochisme budgétaire débilitant.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...