Le débouclage des CDS sur la Grèce attendra

Pour l’Isda, il n’y a pas encore d'événement de crédit sur la dette grecque. Mais l’association sur les dérivés restera attentive aux faits nouveaux
Violaine Le Gall
Illustration: Fotolia
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Saisis à deux reprises cette semaine, les professionnels des CDS européens réunis au sein de l’Isda, l’Association internationale pour les dérivés et les swaps, ont tranché hier. Les récentes évolutions sur la dette grecque n’entraîneront pas le débouclage de contrats de protection contre le risque de défaut de la Grèce.

Le comité de détermination européen de l’Isda a rendu sa décision à la suite de deux questions envoyées par des intervenants de marché. Dans la première, ceux-ci se demandaient si le rang senior des banques centrales qui ont échangé leurs obligations grecques en titres nouveaux pour échapper à toute offre d'échange, constituait un événement de crédit. A l’unanimité, le comité a estimé que ce cas de figure ne correspondait pas à la définition précise de la subordination de l’Isda.

Des intervenants de marché ont aussi souhaité savoir si l’accord entre la Grèce et les créanciers privés qui a abouti au programme d'échange déclenche un événement de crédit. Ici aussi, la réponse unanime des dix banques et cinq fonds votant au sein du comité de détermination a été qu’aucun événement de crédit n’avait eu lieu.

Ces avis sont en ligne avec les déclarations de l’Isda depuis plusieurs mois.

Le sujet du débouclage des CDS grecs restera cependant d’actualité. «La situation de la Grèce évolue encore, indique l’Isda dans son communiqué. Les décisions du comité n’affectent pas le droit ou la possibilité pour les participants de marché de soumettre de nouvelles questions sur ce dossier. Elles ne signifient pas non plus qu’un événement de crédit ne pourra pas avoir lieu plus tard, à la lumière de faits nouveaux». Le résultat du plan de participation du secteur privé le 8 ou le 9 mars sera un élément nouveau particulièrement important. Si le taux est inférieur à 75 %, le gouvernement grec activera les clauses d’actions collectives (CAC), dont il vient d’assortir ses obligations existantes par une loi rétroactive, afin de forcer la conversion.

Or, l’utilisation des CAC constitue un événement de crédit compte tenu de son aspect coercitif, a déjà prévenu l’Isda. Les réticences politiques au débouclage des CDS grecs, notamment à Bruxelles, semblent quant à elles s’effacer. Eviter l'événement de crédit pourrait affecter la crédibilité de ce marché comme instrument de couverture, ce qui pourrait in fine se traduire par une remontée des rendements périphériques, en particulier portugais.

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