Le débat monte outre-Rhin sur le besoin d’une relance de l’investissement

L’Allemagne, dont l'économie montre des signes de faiblesse, a évoqué un plan de relance européen et intérieur mais sans en définir l’ampleur.
Patrick Aussannaire
Markit 3

L’Allemagne va-t-elle se sentir plus solidaire de ses partenaires d’infortune depuis que son économie donne des signes croissants de faiblesse ? Les derniers chiffres de la production industrielle, en baisse de 2,8% sur un an au mois d’août, ainsi que du commerce extérieur, avec une chute des exportations de 5,8% qui a fait baisser l’excédent de 4,7 milliards d’euros pour revenir à 17,5 milliards fin août, sont venus encore assombrir les perspectives de l’économie allemande.

Le FMI avait déjà sensiblement ajusté ses prévisions de croissance du PIB à hauteur de 0,5 point cette année à 1,4% et de 0,2 point en 2015 à 1,5%.

«La tendance à l’affaiblissement de la confiance en Allemagne dure maintenant depuis plus longtemps que prévu et est de plus en plus liée à la faiblesse des perspectives dans le reste de la zone euro, plutôt qu’à la crise ukrainienne», estime SG CIB qui envisage, si la situation perdure, une nouvelle contraction du PIB au troisième trimestre et une révision à la baisse de sa prévision de croissance de 1,2% pour 2015, déjà inférieure au consensus. Une situation qui pourrait pousser Berlin, selon la presse allemande, à préparer un plan de relance budgétaire de 6 milliards d’euros, 0,2% du PIB.

Dans ce contexte, Angela Merkel a évoqué la semaine dernière la possibilité de réaliser des investissements en infrastructures énergétiques et dans le secteur technologique au niveau européen pour soutenir la croissance. Le même jour, Mario Draghi avait exhorté les Etats qui bénéficiaient de marges de manœuvre budgétaires à «les utiliser», ajoutant que «chacun pouvait juger à quel pays s’adressait ce propos». Or, si l’Allemagne a dégagé un excédent budgétaire total de 16,1 milliards d’euros sur le premier semestre, soit 1,1% de son PIB.

Aucun montant ni horizon temporel n’ont pourtant été évoqués, et SG CIB estime que les contraintes d’un déficit structurel plafonné à 0,35% du PIB limite la marge de manœuvre totale allemande à 13 milliards d’euros (0,5% du PIB), alors que le programme européen prévoit 300 milliards d’investissements publics et privés. En outre, Wolfgang Schäuble a indiqué que ces dépenses devront être intégralement financées pour ne pas altérer les objectifs budgétaires.

«Les gouvernements européens s’obstinent à mener un combat perdu d’avance où un camp plaide pour des réformes structurelles et l’autre pour des politiques plus souples, alors qu’une coopération semble désormais indispensable», estime SG CIB.

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