Le débat enfle sur un éventuel assouplissement quantitatif de la BCE
Le débat enfle sur les moyens dont dispose la Banque centrale européenne (BCE) pour soutenir la reprise et éviter à la zone euro de sombrer dans la déflation. Des membres du conseil des gouverneurs de la banque ont souligné que la banque était prête à recourir à différents outils si cela s’avérait nécessaire, y compris à des rachats d’actifs et à une baisse du taux de dépôt en territoire négatif.
«Il faut noter que l’attitude de certains membres du conseil des gouverneurs de la BCE envers l’assouplissement quantitatif a changé. Ce qui était un tabou puis un moyen de dernier recours est aujourd’hui une option à l’étude», assure Ken Wattret chez BNP Paribas. L’économiste se réfère notamment aux propos du belge Peter Praet. Dans un entretien au Wall Street Journal, le membre de la BCE a fait valoir que «la capacité du bilan de la BCE pouvait être aussi utilisée» et que cela «inclut les achats d’actifs que toute banque centrale peut faire».
Prié de commenter ces déclarations, le vice-président de la BCE, Vitor Constancio a de son côté déclaré que c’est «seulement une possibilité et rien d’autre». Cette option est d’ailleurs regardée avec précaution par la recherche de Natixis. Elle argue que pour l’achat d’actifs privés «se pose le problème de l’inexistence d’un marché liquide», même si la BCE pourrait acheter des obligations sécurisées. Quant à acheter des titres souverains, c’est déjà possible mais dans des conditions bien précises dans le cadre du programme OMT présenté en 2012.
L’idée d’abaisser le taux de dépôt de la BCE, aujourd’hui fixé à 0%, a par ailleurs été de nombreuses fois évoquée et a ressurgi hier par le biais de Bloomberg. Le président de la BCE a fait savoir que ses équipes étaient techniquement prêtes à la mettre en œuvre, tout en soulignant que cela reviendrait à s’aventurer «dans des territoires inconnus». Bloomberg assure par ailleurs que si la BCE passait le taux de repo en territoire négatif, elle envisageait de ne l’abaisser que de 10 points de base alors que les baisses de taux ont jusqu’ici été de 25 pb.
La mesure ne ferait néanmoins pas consensus à ce stade. Les économistes de Citi sont sceptiques sur le recours à une baisse du taux de dépôt. Ils la jugent beaucoup moins probable qu’une version renforcée de la politique d’orientation des anticipations (forward guidance), que de nouvelles injections de liquidités à long terme ou que d’une nouvelle baisse du taux refi avec resserrement du corridor.
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