Le Danemark proclame sa victoire dans la défense de son arrimage à l’euro
La Banque du Danemark a laissé passer l’orage. Lars Rohde, le gouverneur de la banque centrale, a indiqué la semaine dernière que l’institution avait cessé d’intervenir sur le marché des changes pour contenir l’appréciation de sa devise et défendre le peg qui la lie à l’euro. «Dans la dernière partie de février, les interventions ont cessé, car les flux de capitaux entrants se sont arrêtés», a souligné le banquier central.
Mi-janvier, la Banque nationale suisse (BNS) avait secoué les marchés de change en abandonnant par surprise le plancher du franc face à la monnaie unique, mis en place en septembre 2011. Les pressions s’étaient déplacées vers le Danemark, seul autre pays d’Europe à lier l’évolution de sa devise à celle de l’euro. La banque centrale défend un taux de 7,46038 couronnes pour un euro, dans une marge de fluctuation de 2,25% réduite dans la pratique à 0,5%. Le 15 janvier, jour de l’annonce de la BNS, le taux de change était monté jusqu’à 7,4327. Vendredi, la couronne s’échangeait autour de 7,458. Elle était même descendue à 7,468 le 25 février.
Le peg danois, bien plus ancien que celui de la Suisse, s’inscrit dans le cadre de l’European Exchange Rate Mecanism (ERM2) et d’une coopération avec la BCE. D’où la détermination des autorités danoises à le défendre coûte que coûte, déclarations belliqueuses à l’appui. La banque centrale a abaissé à quatre reprises le taux de sa facilité de dépôt, pour le porter à -0,75%, tandis que le gouvernement a temporairement suspendu début février ses émissions de dette souveraine. En janvier et en février, les interventions sur le marché des devises ont atteint 275 milliards de couronnes (environ 37 milliards d’euros). Elles ont porté la part des réserves en devises étrangères du pays à plus de 38% du produit intérieur brut.
Si l’accalmie est revenue, «la viabilité et le caractère approprié du peg actuel nécessitent une évaluation complète de la part des autorités danoises», rappelait Ken Wattret, économiste chez BNP Paribas, dans une note en février. Le Danemark affichait un déficit courant de 5% du PIB lorsqu’il a mis en place sa politique d’arrimage, alors que sa balance est aujourd’hui en excédent de 7%, symptôme possible d’une sous-évaluation de la couronne.
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