«Le crédit offre toujours une prime vis-à-vis de beaucoup de dettes d’Etat»
- L’Agefi : Pourquoi gardez-vous une exposition neutre au crédit?
- Anne Velot : Notre score neutre signifie que la vitesse de resserrement des spreads de crédit ne pourra pas égaler celle de 2012, au vu de la plus faible attractivité des primes de risque. Nous restons cependant constructifs sur la classe d’actif, car elle offre toujours une prime vis-à-vis de la plupart des courbes de dette d’Etat. Cette année verra une tension plus forte entre fondamentaux et techniques. Le contexte macroéconomique reste tendu en Europe et la vitesse d’amélioration des bilans devrait se ralentir. La demande reste soutenue, même si certains investisseurs plus tactiques se tournent vers des actifs plus risqués, une grande partie des investisseurs institutionnels reste sensible à l’équilibre risque-rendement de notre classe d’actif. Les décisions des banques centrales vont aussi dans ce sens, sans forcément générer des achats directs, mais en ajoutant à la confiance et à la liquidité dans un contexte fragile.
- Quelle est plus précisément votre stratégie ?
- Nous avions su capter les opportunités sur les périphériques et les subordonnées dès l’été 2012, et savons que cette année sera moins celle des paris directionnels que celle d’un travail plus approfondi en termes de valeur relative. Il s’agira de contraster plus amplement nos positions entre les pays, d’examiner l’ensemble de la structure du capital, des covered bonds aux Cocos en fonction de nos convictions fondamentales, de considérer des positions sur les souverains quand ils offrent plus de valeur que le crédit, et de contraster plus les perspectives des secteurs cycliques au vu de la nature de la reprise globale. Il faudra enfin rester alertes aux événements de crédit, à la fois les risques d’acquisitions et les opportunités que cela peut créer, si des émetteurs européens deviennent des cibles pour des acteurs globaux.
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