Le Crédit Logement note un effondrement des crédits immobiliers

La production en France a plongé de 31% au premier trimestre 2012, d’après l’organisme de garantie. Il prévoit un repli de 20% sur l’année
Violaine Le Gall
Illustration: Fotolia
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Le ralentissement du marché du financement immobilier s’est accéléré au premier trimestre 2011. Le total des prêts accordés a chuté de 30,8% par rapport au trimestre précédent et de 26,1% par rapport au premier trimestre 2011, d’après l’Observatoire du financement des marchés résidentiels Crédit Logement-CSA. «C’est un effondrement, pas un atterrissage en douceur, prévient Michel Mouillart, professeur à l’université Paris Ouest. Le début d’année est en train de ressembler au printemps 2009».

Le marché du prêt à l’habitat connaît une profonde mutation en raison de la suppression du prêt à taux zéro sur l’ancien, l'évolution du Scellier et la crise économique.

Dans ce contexte, les ménages les plus modestes et les plus jeunes sortent du marché immobilier. La part des emprunteurs de moins de 35 ans est tombée à 47,9 %, contre 52,4 % en 2009. Les ménages gagnant moins de deux Smic ne représentent plus que 14,5% des emprunteurs, contre 15,8% en 2009. Dans ce marché en récession, le taux moyen des crédits reste stable à 3,92% au premier trimestre. Une tendance à première vue encourageante qui s’explique en fait par le retrait des ménages les plus modestes du marché du prêt à l’habitat. La durée moyenne des crédits baisse encore à 212 mois, contre 215 début 2011.

«Ce bouleversement du marché ne va pas s’arrêter», explique Michel Mouillart. Après 160 milliards d’euros de prêts à l’habitat acceptés en 2011, il anticipe 120 à 125 milliards d’euros d’offres acceptées cette année, soit une baisse de 20%. Le volume est ressorti à 32 milliards d’euros au premier trimestre.

La situation n’est pas pour autant alarmante, rassurent les professionnels. «Les fondamentaux du marché du financement immobilier sont sains», insiste Jean-Marc Vilon, directeur général du Crédit Logement qui garantit la moitié des prêts cautionnés en France. L’endettement des ménages français est maîtrisé et la durée moyenne des crédits à l’habitat demeure sous contrôle. Surtout, la sinistralité reste faible.

«Nous gérons un peu plus de contentieux, mais le taux de créances douteuses au Crédit Logement ressort à environ 0,50% fin 2011», contre 0,35% en 2007-2008. Sur le marché dans son ensemble, ce taux s'élève à 1,30% en 2011, contre moins de 1% en 2007-2008. Le niveau reste donc très inférieur à celui d’autres pays européens, a fortiori à celui de l’Espagne où il dépasse 8%.

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