Le crédit immobilier prend une place croissante dans le surendettement
La montée en puissance de la dette immobilière dans les dossiers traités contraste avec le recul relatif du crédit renouvelable depuis 2010
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Alexandre Garabedian
La flambée des prix de l’immobilier en France jusqu’en 2012 mord sur la solvabilité des ménages. La présence d’un crédit immobilier dans les dossiers reçus en commissions de surendettement ne cesse d’augmenter: elle est passée de 7,2% à 9,8% entre 2010 et 2012, selon l’enquête annuelle de la Banque de France publiée hier, et à 11,4% à fin 2013, selon le baromètre trimestriel de l’institution. Une proportion qui s’explique par le nombre élevé de locataires (plus de 78%) dans la population des surendettés.
En revanche, en valeur, les dettes immobilières représentent un volume déjà important: 30,3% à fin 2013. Même si les commissions de surendettement prennent mieux en compte depuis 2010 les dossiers dans lesquels un bien immobilier est présent, l’évolution est impressionnante. Il y a trois ans, la part des dettes immobilières dans la dette globale des ménages surendettés n’atteignait que 18,8%. A l’inverse, le poids du crédit à la consommation et notamment du crédit renouvelable, ne cesse de reculer, avec une baisse de 13 points en valeur en trois ans, même si l’on constatait encore la présence du revolving dans 72% des dossiers fin 2013. Difficile de ne pas établir un lien avec la loi Lagarde de 2010, qui a découragé les pratiques de prêts excessives dans ce domaine.
«L’évolution ainsi observée peut traduire une inflexion de la typologie du surendettement», indique l’étude, qui évoque les difficultés des propriétaires et accédants à la propriété. L’extension du surendettement au-delà des populations les plus fragiles se lit aussi dans la part, en hausse, des ménages ayant des ressources mensuelles supérieures à 2.000 euros (22%).
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