Le Crédit Agricole renfloue ses fonds propres en se délestant de Suez
En cédant sa part directe dans le groupe de services aux collectivités, la banque verte dégagera une plus-value supérieure à 500 millions d’euros
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Virginie Deneuville
Visée stratégique ou simple logique opportuniste ? La cession de la participation directe de Crédit Agricole dans Suez « s’inscrit dans le cadre de la gestion dynamique des allocations (des) fonds propres, qui prend en compte l’évolution des règles prudentielles attachées aux participations cotées », explique la banque verte, alors que les normes Bâle II sont mises en place à compter de 2008. Pour autant, alors que le titre Suez a touché un plus haut historique à 49,35 euros la semaine passée, cette opération devrait rapporter au Crédit Agricole une coquette plus-value, de plus de 500 millions d’euros, comptabilisée dans les comptes du premier trimestre 2008. Un apport bienvenu alors que le groupe a annoncé fin décembre 2,5 milliards d’euros de dépréciations dans ses comptes du quatrième trimestre.
En intégrant la participation de sa filiale Predica, le Crédit Agricole, actionnaire de Suez depuis 1996, détenait 3,3 % du groupe de services aux collectivités. L’opération a porté sur 24,56 millions de titres et est assortie d’une option d’allocation portant sur 2,45 millions d’actions, exerçable au plus tard le 13 février. La participation cédée s’élèverait en cas d’exercice de l’option à 2,07 % du capital de Suez.
A l’occasion de cette cession, trois actionnaires de référence de Suez - la Caisse des Dépôts, CNP Assurances et Sofina, ce dernier intégrant le pacte de Suez Environnement - ont renforcé leur position au sein du groupe via le rachat du tiers du bloc.
Parmi les autres principales lignes du Crédit Agricole, figurent des parts de respectivement 30,4 % et 5,8 % dans les banques Saudi Al Fransi et Intesa, et une part de 16,1 % dans la société d’investissement Eurazeo. Depuis cette année, qui marque la fin de l’ancien pacte d’actionnaires d’Eurazeo, le groupe a d’ailleurs la possibilité de reconsidérer le devenir de cette participation, tout juste en plus-value latente.
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