Le Crédit Agricole autorisé à monter jusqu’ 29,9 % dans la banque espagnole Bankinter

L'établissement français veut développer sa présence en Europe, au moment où on lui prête de nouvelles dépréciations. Une stratégie qui ne fait pas l’unanimité

L’Espagne et la France communiquent résolument sur le mode du «je t’aime, moi non plus». C’était au tour hier du Crédit Agricole d’annoncer que la Banque d’Espagne l’avait autorisé à prendre une participation significative dans le capital de la banque espagnole Bankinter et à porter sa présence jusqu'à 29,9 %. L'établissement français peut donc conclure avec Ramchand Bhavnani l’acquisition des 14,66 % que celui-ci détient dans Bankinter, transaction convenue l’an passé.

Ce rachat s’ajoute aux 4,75 % que la banque verte a déjà acquis sur le marché. Elle avait déjà racheté, fin novembre, 14,99 % du capital de la banque espagnole, au prix de 13,60 euros par action, soit un montant total de 809 millions d’euros. Or, le titre Bankinter est depuis tombé sur le seuil des 10 euros.

Bankinter est au centre d’une épreuve de force entre la banque française et l’investisseur Jaime Botin, membre du conseil d’administration de Bankinter, qui en détient environ 16 % et qui a demandé lui aussi l’autorisation de porter sa participation à 30 %. La Banque d’Espagne n’a pas encore fait d’annonce à ce sujet.

«Cette opération est en ligne avec la stratégie de Crédit Agicole SA qui vise à développer sa présence sur le marché bancaire européen, et en particulier le marché espagnol», lit-on dans le communiqué. La banque avait également dit, le 17 janvier dernier, qu’elle se sentait confiante pour l’année qui vient de commencer malgré les turbulences financières et les menaces qui pèsent sur la conjoncture économique mondiale.

Les analystes ne l’entendent pas forcément de cette oreille. La banque, qui publie ses comptes 2007 début mars, pourrait passer de nouvelles dépréciations d’actifs liées à la crise des marchés du crédit en plus de celles de 2,5 milliards d’euros annoncées en décembre.

Bear Stearns les estime à 650 millions d’euros, liées notamment à l’exposition au subprime mais surtout aux rehausseurs de crédits américains.

D’aucuns considèrent que le Crédit Agricole ferait mieux d’éviter de s’éparpiller, évoquant un «risque d’acquisitions» élevé. Cela dit, en début de semaine, la presse indiquait que Cariparma, la filiale italienne de CASA , avait déposé une offre d’environ 1,7 milliard d’euros pour prendre le contrôle de Banca delle Marche.

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