Le crédit à la consommation commence à s’emballer aux Etats-Unis

Tirée par les prêts automobiles, la progression de 26,01 milliards de dollars enregistrée en juillet est la plus importante depuis novembre 2001
Yves-Marc Le Réour

Le crédit à la consommation a affiché en juillet sa plus forte hausse mensuelle depuis plus de douze ans outre-Atlantique. C’est ce que montrent les statistiques publiées hier soir par la Réserve fédérale américaine (Fed), qui font état d’une croissance globale de ce type de crédit de 26,01 milliards de dollars (20,16 milliards d’euros) à 3.240 milliards de dollars.

Soit une augmentation supérieure de moitié aux 17,4 milliards de dollars attendus par le consensus des économistes. La progression du mois de juin a par ailleurs été révisée à la hausse à 18,81 milliards, contre 17,26 milliards initialement annoncés.

Après un nécessaire ajustement lié à un changement de méthodologie, cette envolée du crédit en juillet est la plus importante depuis la hausse de 28 milliards de dollars enregistrée en novembre 2001, a précisé un porte-parole de la Fed. Mais ce chiffre avait alors été sensiblement gonflé par les incitations financières offertes par les constructeurs automobiles, deux mois après les attentats du 11 septembre.

Dans le détail, le crédit renouvelable - essentiellement les cartes de crédit – a progressé en juillet de 5,34 milliards de dollars à 880,5 milliards après une hausse de 1,81 milliard en juin. Le crédit non renouvelable, qui inclut les prêts automobiles et les prêts gouvernementaux, a pour sa part augmenté de 20,65 milliards de dollars à 2.360 milliards, après un gain de 16,99 milliards le mois précédent.

«Les ménages se sentent davantage en confiance par rapport au marché de l’emploi» commente Matt Schulz, analyste senior chez CreditCards.com, en estimant que cette hausse du crédit devrait se poursuivre «tant qu’il y aura une croissance modérée et régulière de l’économie». L’accélération de la demande automobile en août, à 17,5 millions de véhicules en données annualisées, milite d’ailleurs en faveur de cette tendance.

«La seule inquiétude à avoir est liée à une prise de risque excessive dans le secteur automobile», nuance Chris Low, chef économiste chez FTN Financial. La crainte d’une surchauffe conduisant à une montée du surendettement ne doit en effet pas être négligée, étant donné que certaines banques ont tendance à assouplir leurs conditions sur l’utilisation des cartes de crédit ou le financement automobile en raison d’une pression de leurs clients et d’une concurrence grandissante, selon une enquête trimestrielle de la Fed publiée le mois dernier.

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