Le coût du fret maritime s’envole sous l’effet des importations chinoises
Le redressement du commerce mondial serait-il en bonne voie ? La poursuite de l’embellie de l’indice Baltic Dry, qui mesure l’évolution du coût de transport maritime international des matières premières peut le suggérer. Jeudi, il a pris 222 points à 3.164, soit un bond de 7,6 %. Suite à l’émergence du risque déflationniste, il s’était effondré début décembre à un plus bas de 663 points.
Mais cette escalade est purement spéculative et nourrie par les initiatives de la Chine en pleine dynamique de relance économique. Afin de diversifier ses réserves de change et de se préparer à un éventuel redressement de sa production industrielle, le souverain amasse des stocks de matières premières depuis début janvier. Ses importations de minerai de fer ont une forte influence sur le Baltic Dry. En avril, elles ont atteint 57 millions de tonnes, soit une hausse annuelle de 33,2 %. Cet appétit pour le minerai de fer a eu pour effet de détourner la flotte de navire disponible dans l’Atlantique vers ses ports et d’y allonger la file d’attente. Celle-ci atteint 70 navires, contre 33 en mars. Le déchargement des bateaux prend à présent neuf jours, contre cinq jours à la fin mars. Les frais de location des gros cargos ont grimpé mercredi de 12 % à 56.598 dollars par jour.
En dépit du retour encourageant de la demande chinoise, les échanges mondiaux n’ont pas repris à cause des surcapacités importantes de production et une demande mondiale encore déprimée. D’ailleurs, l’inflation commence à devenir négative dans certains pays, comme aux Etats-Unis. Quant au renchérissement actuel du prix des matières premières, il s’explique plus par le regain de confiance des investisseurs que par une amélioration des fondamentaux.
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