Le coût des aides à la Grèce pour le budget français augmente
Les nouvelles mesures d’assistance accordées à la Grèce placent l’un des principaux maillons faibles de la zone euro sur la voie du redressement. Mais cela ne sera pas indolore pour les finances publiques des grands pays contributeurs. Si certains économistes avancent une facture salée pour la France, d’autres préfèrent relativiser l’impact sur la feuille de route budgétaire française, et souligner l'éloignement du risque systémique.
Les ministres des Finances de la zone euro ont décidé en début de semaine de réduire de 1% le taux d’intérêt sur les prêts bilatéraux qui avaient été accordés dans le cadre du premier plan de sauvetage grec.
Eric Dor, directeur de la recherche à l’école de management IESEG estime que cette diminution de recettes représentera 113,8 millions d’euros par an pour la France. Il évoque aussi une autre ligne d’impact sur le budget français plus complexe et plus importante à chiffrer liée à la détention des obligations grecques dans le cadre du programme de soutien SMP.
Les ministres des Finances de la zone ont en effet accepté de rétrocéder à la Grèce une partie des gains réalisés sur les obligations grecques détenues par la BCE et les banques centrales nationales. Dans ce cas, le manque à gagner pour la Banque de France, actionnaire à hauteur de 20,32% de l’institution francfortoise atteindrait quelque 1,42 milliard d’euros étalés sur plusieurs années, considère Eric Dor, sur la base de 7 milliards de bénéfices.
«On peut s’inquiéter de l’évolution à la baisse des rémunérations du risque pris par les Etats», souligne l’économiste qui fait le parallèle avec la réduction du coût des garanties d’Etat accordées à Dexia par la Belgique et la France.
Hélène Baudchon, économiste chez BNP Paribas CIB, relativise car elle considère que la France est en mesure d’absorber sans difficulté les coûts budgétaires liés à la Grèce. «Si l’on compare la charge supplémentaire à la taille de l’économie française et à l’ensemble des engagements du pays, cela reste marginal», explique-t-elle.
«Pour certains pays en revanche comme l’Espagne ou l’Italie qui ont emprunté à des taux plus élevés sur les marchés pour prêter à taux plus bas à la Grèce, il y a un risque de perte, qui devrait toutefois rester limitée, et surtout compensée par les bénéfices pour ces pays d’une résolution progressive de la crise en zone euro», estime de son côté Frederik Ducrozet, économiste chez Crédit Agricole CIB.
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