Le couple rendement / risque du crédit est actuellement incomparable
L’Agefi : Après les gigantesques émissions de Roche, pensez-vous que le marché puisse être réceptif à d’autres émissions de ce type ?
Philippe Berthelot : Les émissions du groupe suisse ont battu le record de taille historique pour un même émetteur. Les raisons du succès sont: un secteur aux caractéristiques acycliques, une signature rare et diversifiante et une rémunération attractive. On assiste à une euphorie sur le marché primaire de la dette privée depuis le début 2009 et cela ne semble pas faiblir. Cela dit, les émetteurs caractérisés par des ratings inférieurs à A-, par une moindre prévisibilité de leurs cash-flows ou par une industrie que le cycle économique impacte, connaissent un parcours plus heurté. Bien sûr, on ne conservera pas le rythme de plus de 80 millards d’émissions corporates en deux mois pour le reste de l’année.
Dans ce contexte, quelle est votre stratégie ?
Notre approche consiste à prendre en compte tant les facteurs top-down que bottom up. Les premiers nous incitent à avoir une part de cash comprise entre 5 et 7 % des actifs et à conserver un fort biais défensif sur les secteurs comme les télécoms et les utilities. Sur la base des seconds facteurs, nous sélectionnons les signatures offrant les meilleures perspectives d’amélioration ou de stabilité. Le portage actuel des titres privés est anormalement élevé et il compense plus que de raison le risque de défaut croissant tel que le prévoient les agences de notation. Les obligations de crédit représentent actuellement une classe d’actifs incomparable en termes de couple risque / rendement.
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