Le coton est victime de la politique agricole chinoise
Le coton se trouve actuellement dans une situation inédite par rapport aux autres marchandises agricoles, avec des stocks mondiaux surabondants suite à quatre années de surplus importants. En 2010, c’était pourtant un tout autre scénario qui se profilait: deux années de récoltes moyennes avaient fait craindre une rupture d’approvisionnement entraînant les prix à des niveaux records au-dessus des 2 dollars/livre. Face à cet environnement volatil et incertain, la Chine, premier producteur, consommateur et importateur mondial, avait mis en place en 2011 une politique de soutien aux producteurs. Cette politique a rencontré un succès tel qu’elle représente aujourd’hui un risque pour l’équilibre du marché mondial alors que la demande s’avère atone en raison de la conjoncture économique. Rappelons que la Chine, les Etats-Unis et l’Inde représentent plus de 60% de la production globale de coton, dont le débouché principal est l’industrie textile.
En Chine, le coton est principalement cultivé dans la province de Xinjiang située au Nord-Ouest du pays. Cette région est touchée par des troubles sociaux et son développement et sa stabilité sont stratégiques pour le pays. A partir de 2011, la politique chinoise a consisté à acheter la production domestique à un prix fixé par avance en début de campagne. Cependant, les récoltes de coton ont été bien meilleures qu’attendu. De 2011 à 2014, le gouvernement a ainsi constitué des stocks démesurés à des prix nettement supérieurs aux prix mondiaux (jusqu’à 40% au-dessus).
De plus, étant donné le fort décalage entre le prix domestique et les prix internationaux, l’industrie textile chinoise a importé massivement malgré les taxes, déstabilisant encore plus le marché intérieur. Si le gouvernement a modifié sa politique l’année dernière, ses effets se font sentir encore aujourd’hui. En effet, la Chine possède aujourd’hui 60% des stocks de coton mondiaux qui représentent plus d’un an et demi de la consommation du pays. Depuis le début de l’année, les prix internationaux se sont stabilisés entre 60 et 70 cents/livre. Leur évolution à moyen terme dépendra principalement de la vitesse à laquelle la Chine écoulera ses stocks.
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