« Le contexte économique conforte notre surpondération en actions »
Geoffroy Carteron, gérant diversifié chez Groupama AM
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Bruno de Roulhac
L’Agefi : Pourquoi réduisez-vous progressivement votre portefeuille en obligations ?
Geoffroy Carteron : Plusieurs raisons nous ont conduits à cet allégement: la reprise économique mondiale, en grande partie alimentée par les pays émergents, qui a donné beaucoup d’attrait aux actifs risqués par rapport aux obligations; les taux bas atteints rendant probable une hausse des taux, surtout dans une phase de reprise et avec de possibles resserrements monétaires à horizon fin d’année aux Etats-Unis; enfin les problèmes de dettes spécifiques à certains pays de la zone euro qui sont une source de tensions supplémentaires. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles nous avions diversifié nos investissements obligataires sur les dettes privées, qui nous paraissent parfois moins risquées.
Ne craignez-vous pas que la lenteur de la reprise économique pèse sur les marchés actions ?
La reprise économique est surtout hétérogène selon les zones, en témoigne le dernier chiffre de croissance chinois comparé aux attentes de croissance en Europe. Les entreprises qui ont su se développer sur les zones émergentes ne devraient être que peu pénalisées par la croissance molle des pays occidentaux. Les dernières campagnes de résultats démontrent cette résistance. En outre, les flux vers les actions sont bien là, et la décollecte des fonds monétaires n’est pas terminée. Enfin, le retour des fusions/acquisitions sera un élément de soutien supplémentaire. Tout ceci conforte notre surpondération actions même si nous venons de la réduire, la récente progression des marchés ayant été rapide et dans de maigres volumes.
Les très grandes entreprises nationales affichent des gains de productivité plus élevés que dans le reste de l’Europe, grâce essentiellement à leur croissance et non par des réductions d’effectifs. En revanche, la France manque cruellement d’entreprises innovantes parmi ses grands champions.
Réindustrialiser l’Europe ne signifie pas seulement relocaliser la production. Pour reconstruire une souveraineté industrielle durable, encore faut-il financer les bons maillons, disposer de foncier, de compétences, d’infrastructures logistiques et d’une vision de long terme. C’est autour de ces enjeux que se sont articulés les échanges du dernier atelier du groupe de travail “Souveraineté et durabilité : le nouveau couple européen”, co-fondé par Edmond de Rothschild Asset Management dans le cadre du Think Tank “2030, Investir Demain”.
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