Le Congrès oppose une fin de non recevoir au budget Bush

Les élus démocrates et républicains ne veulent pas de la proposition de budget de 3100 milliards de dollars présentée hier par la Maison Blanche
Thierry Arnaud à New York

Le président Bush a adressé hier au Congrès une proposition de budget de 3100 milliards de dollars – un montant sans précédent - pour l’année fiscale 2009, qui démarre le 1er octobre prochain. La Maison Blanche entend porter à 515 milliards de dollars l’enveloppe du Pentagone, en hausse de 7,5%, et réduire de 208 milliards de dollars les crédits attribués aux grands programmes sociaux comme Medicare. Elle propose également la suppression de 151 programmes fédéraux pour réaliser 18 milliards de dollars d’économie. A ces grands arbitrages s’ajoute la nécessité de financer le plan de relance actuellement examiné par le Sénat, et pour lequel la Maison Blanche a inscrit une ligne de 120 milliards de dollars pour l’année en cours, et 25 milliards de dollars l’an prochain.

Compte tenu de l’impact du ralentissement économique sur les recettes fiscales, notamment en provenance des entreprises, la Maison Blanche table désormais sur 410 millions de dollars de déficit budgétaire pour l’année fiscale 2008, et sur 407 milliards en 2009. Ces montants sont tout à la fois proche du record de 413 milliards de dollars atteint en 2004, et dépassent d’environ 60% la prévision de déficit qu’avançait l’Office of Management and Budget (OMB) cet été. «C’est un bon budget, solide,» a pourtant estimé le président. «Il protège l’Amérique et encourage la croissance économique. Le Congrès doit le voter.»

Cet appel n’a aucune chance d’être entendu. Comme on pouvait s’y attendre, la majorité démocrate l’a rejeté d’emblée. «Ce budget va rapidement être oublié,» a affirmé Ken Conrad, sénateur démocrate du Dakota du Nord et président de la Commission des Finances de la chambre haute. Mais même aux yeux des républicains, le projet présenté par le président Bush «n’est pas sérieux,» a jugé le sénateur Judd Gregg (New Hampshire), le principal responsable républicain de cette même commission. «Regardez les chiffres relatifs à la Défense. Ils sont absurdes.» L’enveloppe prévue au titre de la «guerre contre la terreur», est de 70 milliards de dollars, un montant unanimement considéré comme insuffisant.

Le même scepticisme a accueilli les prévisions macroéconomiques de la Maison Blanche, qui table sur une croissance de 2,7% cette année et de 3% en 2009, et maintient sa projection d’un excédent budgétaire en 2012, en l’occurrence de 48 milliards de dollars. A moins d’un an de la fin de son mandat, George W. Bush aura du mal à imposer ses priorités budgétaires.

Un évènement L’AGEFI

Plus d'articles du même thème

ETF à la Une

Contenu de nos partenaires

A lire sur ...